Un formulaire de suivi autonome des travaux

travailJ’évalue toujours par des commentaires les travaux formatifs des élèves (s’ils ne reçoivent pas de notes, je chiffre cependant leurs compétences sur 5 points pour mon guidage pédagogique). De plus, je reçois souvent les travaux à des rythmes variés (préférant un travail d’entraînement finalement fait à une absence de travail). Mais n’étant pas un garçon très organisé, il m’arrive parfois de perdre le compte de ce qui a été fait par les élèves…

Ayant le goût de responsabiliser les élèves, je leur demande donc de tenir eux-mêmes le relevé de l’état de leurs travaux. Pour cela, j’utilise désormais un dispositif assez simple et assez efficace : un formulaire Google Forms leur permettant de compléter régulièrement l’état de leurs travaux. L’astuce consiste pour eux, lors du premier usage du formulaire, de garder trace du lien permettant la modification de leurs réponses. Ils pourront ainsi corriger ou ajouter des informations sur les travaux que je propose, sans toutefois voir les données de leurs camarades. De mon côté, je peux recevoir des alertes lors de ces modifications et, grâce au tableur automatiquement renseigné, je peux faire un travail de suivi et de tri.

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Transmettre des commentaires oraux pour des travaux sur papier

Les commentaires oraux sur les travaux des apprenants sont pédagogiquement efficaces (1). Parce qu’il n’est pas toujours facile des les communiquer en présentiel, il est intéressant de pouvoir les communiquer à distance (sous forme d’enregistrements audio de vos commentaires oraux). Cela est possible, même si vos élèves ou vos étudiants vous remettent leurs travaux au format papier (un précédent billet détaille une méthode avec un terminal de poche Android).

Je propose ici un schéma présentant les différentes étapes et les différents outils mobilisables. Ce schéma sera mis à jour et complété (dans sa version en ligne).

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Corriger numériquement (et efficacement) des copies papier

Si vos élèves ou vos étudiants vous remettent systématiquement leurs travaux sous forme numérique, vous êtes déjà engagés dans l’augmentation de votre travail de correction. Au cas contraire (c’est largement le mien), vous pouvez faire un détour par la numérisation des copies papier (au format pdf) pour bénéficier de l’efficacité et de la richesse d’une correction numérique. Plusieurs applications permettent en effet de saisir des remarques sur des documents pdf, mais aussi d’y placer ou d’y « tamponner » à la volée des remarques-types bien pratiques.

Certes, tous les travaux ne justifient pas ce dispositif. Mais pour les travaux qui requièrent des commentaires fournis, cela se révèle très utile, tant pour l’enseignant que pour l’apprenant.papier-numérique

N.B. : pour une approche complémentaire (en environnement « tout numérique ») voir le billet de Yann Houry : « Corriger des copies numériques ». Lire la suite

Un tableur pour suivre les scores de travaux en « îlots bonifiés »

Tous ensemble ?

La pratique de l’enseignement mixte ou hybride (dans l’espace de la classe et dans l’espace numérique) fait réfléchir à la spécificité des activités ne pouvant avoir lieu que dans la salle de classe. La question est : que pouvons-nous faire à plusieurs dans une salle de classe et que nous ne pourrions pas faire ailleurs ?

Peut-on vraiment travailler en groupe ?

Une première réponse est bien entendu le face-à-face pédagogique entre un enseignant et un groupe. Une seconde réponse est la possibilité de travaux de groupes. Mais de tels travaux sont difficiles à mettre en œuvre. Un billet mordant de Mara Goyet (et ses nombreux commentaires) rappelle cette difficulté, pour l’enseignant comme pour les élèves. Marie Rivoire, enseignante, témoigne aussi de cette difficulté typique :

J’avais […] commencé ma carrière en mettant les élèves par îlots de quatre […]. Cependant, j’avais dû renoncer, car la gestion du groupe me posait plus de problèmes qu’elle n’en solutionnait. Certes, les élèves étaient ravis, mais comment contrôler les bavardages ? Comment être sûre que tous, à la table, participaient au travail commun ? Le meilleur élève n’allait-il pas être sollicité encore et encore pour prendre en charge les tâches données par le professeur ? N’allait-il pas finir par se lasser, et finalement, perdre de son enthousiasme au lieu d’en gagner ? Et comment alors évaluer les élèves à la table ? Toutes ces questions sans réponses avaient eu raison de mon bel idéalisme.

La question est bien : « Où est-ce qu’on nous apprend à travailler en groupe ? », comme le rappelle Marcel Lebrun.

Je propose ici un petit enrichissement numérique de la méthode de travail en « îlots bonifiés ».

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Suivre des tâches avec des points XP et des badges

De nombreux enseignants — avec ou sans le numérique — se tournent vers la ludification pour transformer l’apprentissage en jeu, ou pour qu’une activité d’apprentissage soit perçue comme ludique.

Dans cette perspective, j’ai été inspiré par un bricolage de l’inépuisable Alice Keeler. Il s’agit de permettre aux élèves et aux étudiants de marquer et de visualiser l’accomplissement de leurs tâches via un tableur, délivrant des points d’expérience, des badges de niveaux et éventuellement des badges de compétences. Je propose ici une traduction de ce tableur, quelques consignes et une invitation à améliorer le dispositif.

N.B. : ce dispositif reste certainement une exploration modeste de ludification de l’apprentissage, et ne constitue pas pleinement un jeu. Il relève pour une bonne part d’une “chocolate covered broccoli approach” (Bruckman, 1999).

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Auto-évaluation des élèves via un formulaire

Comme tout enseignant, j’évalue régulièrement le travail de mes élèves, l’évolution de leurs compétences et leurs résultats durant l’année. Mais ma perspective peut être partielle, et je manque souvent de temps passé avec chaque élève pour affiner ma vision.

Dans le « meilleur des mondes » scolaires, j’aimerais prendre le temps de m’entretenir individuellement avec chaque élève lors de séances « bilan » ou même d’organiser des coévaluations entre pairs (je ne sais pas encore faire cela)… En attendant, avant de remplir les bulletins scolaires, je demande aux élèves de me communiquer leurs auto-évaluations (je tiens alors évidemment compte de leur point de vue, — même si le jugement final me revient).

Cette démarche me semble pédagogiquement efficace, comme en témoigne le classement de Hattie (« Hattie Ranking: Influences And Effect Sizes Related To Student Achievement » : « self-reported grades »).

Hattie Ranking

A cela s’ajoute une évaluation du cours lui-même, donc de mon travail. J’essaie de considérer autant que possible les remarques des élèves pour améliorer mes pratiques.

Cette démarche m’est devenue indispensable. Pour la rendre plus efficace, j’utilise des formulaires numériques. Voici la description de ce dispositif, dans son état actuel.

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Une séance de sensibilisation aux dépendances

NORMATYL. Psychotrope abrasif multispectre. Pour fièvres déviantes – Vertiges protestataires (2007) — Œuvre de Laurent d’Ursel (www.loeuvrette.be) ; graphisme Hélène Taquet.

Dans mon établissement comme ailleurs, les élèves sont exposés aux dépendances et aux usages problématiques de diverses consommations (tabac, alcool, drogues dites « douces », jeux vidéos, vie sur-connectée…). Parmi diverses mesures, la direction et des conseillers d’éducation m’ont demandé d’explorer une activité de sensibilisation originale dans notre lycée , avec l’aide d’Emmanuelle Kantorow, intervenante spécialiste de l’association Infordrogues.

Ensemble, nous avons choisi de nous adresser à des élèves de troisième et de seconde, un âge sensible pour les premières dépendances. Il ne s’agissait évidemment par de faire de la prévention par la peur (peu efficace), mais de susciter la réflexion et le dialogue autour des consommations et des dépendances.

Voici le canevas de cette activité de 3 heures environ. L’opération nous semble avoir bien fonctionné sous cette forme, — qui reste certainement à améliorer.

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