L’élève « hacker » de son évaluation

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Comment donner plus d’autonomie et de responsabilité aux élèves dans leurs apprentissages ? Comment développer entre les élèves et les enseignants une culture de l’évaluation formative continue (permettre la reprise et l’amélioration des exercices) et de l’évaluation conversationnelle (discuter avec les élèves de ces améliorations) ?
Pour soutenir cette démarche, je propose un dispositif numérique assez simple et très flexible, sous la forme d’un tableur par lequel chaque élève peut faire le suivi de ses travaux et de ses performances, auto-évaluer ses compétences, ainsi qu’émettre des remarques à propos du cours. Ce tableur partagé (en ligne) permet la discussion avec l’enseignant — et pourquoi pas entre les pairs ? — via les commentaires associés aux cellules. Il est élaboré avec Sheets (Google).

N.B. : des mises en œuvre sont également possibles avec Excel (O365), Numbers (iCloud) ou dans une certaine mesure avec Framacalc, — mais avec certaines limitations (telles que l’affichage des badges).

Ce dispositif est adaptable à de nombreuses situations d’enseignement et est ouvert à de nombreuses variations et améliorations.

Mon inspiration est ici multiple, mais tient plus particulièrement aux propositions pédagogiques et techniques de Catlin Tucker et de Alice Keeler :

 

Although the conversations required substantial time, it was worth it. My students had a real voice in their assessments. Grades weren’t a surprise. Instead, assessment became a conversation. Students left our meeting with a clear sense of where to spend their time and energy to improve in relation to specific skills.”Catlin Tucker

 

Modèle au format Opendocument Spreadsheet

Sans compte Google, vous pouvez télécharger les modèle :

Modèle au format Excel

Sans compte Google, vous pouvez télécharger les modèle :

Il faudra arranger quelques fonctions — je suis preneur de toute suggestion à cet égard !

L’insertion automatique des badges n’est pas fonctionnelle en l’état. Il faudra sans doute pour cela utiliser une macro (je n’en maîtrise pas l’usage : je suis aussi preneur de toute aide !).

Modèle au format Sheets (Google)

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Avec un compte Google,  vous pouvez copier les modèles suivants :

Les images sources des badges ont été réalisées avec Google Drawings et sont rassemblées dans un dossier externe. Seul le format Google Sheets permet l’affichage automatique des graphiques et des badges.

N.B. : le tableur est élaboré avec Sheets (Google), mais des mises en œuvre sont possibles avec Excel (O365), Numbers (iCloud) ou dans une certaine mesure avec Framacalc.

Types de situations selon les comptes G Suite

Plusieurs situations sont envisageables selon les comptes disponibles ou non pour les élèves (il est supposé que l’enseignant au moins possède un compte Google G Suite).

Les élèves n’ont pas de comptes Google G Suite

Si seul l’enseignant dispose d’un compte Google G Suite, il doit créer les tableurs individuels puis régler le partage de manière à en permettre l’accès aux élèves. Chaque élève pourra éditer son document, sans devoir se connecter.

N.B. : il est possible de transmettre les liens sous formes courtes (url raccourcis) et/ou sous forme de QR codes.

Attention : il n’est alors pas possible de savoir avec certitude qui a effectué des modifications sur chaque document. De même, les commentaires resteront anonymes.

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Les élèves ont des comptes Google G Suite personnels

Dans ce cas, l’accès à chaque document est réservé aux utilisateurs paramétrés, avec un contrôle des identités. Deux possibilités se présentent.

1) Chaque élève fait une copie personnelle du document, puis la partage avec l’enseignant. Il est facile de transmettre aux élèves le lien du tableur permettant d’en faire une copie individuelle. Pour cela, il suffit de remplacer la dernière section du lien de partage par “/copy”, ce qui impose la création d’une copie du document lors du premier accès.

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Inconvénient : l’enseignant n’est alors pas propriétaire du document, qui peut être perdu, etc.

2) L’enseignant peut aussi ici choisir de faire lui-même la copie et le partage des documents (dont il garder alors la propriété).

Cela peut être fait manuellement, mais, pour simplifier et automatiser ce travail il sera utile d’utiliser le module complémentaire Doctopus (de New Visions CloudLab).

Les élèves ont des comptes “G Suite for Education”

C’est la solution la plus facile : dans Google Classroom, l’enseignant crée un devoir contenant le modèle du tableur. Les copies sont alors automatiquement faites (dès qu’un élève accède au document), dûment nommées et placées dans un dossier unique dans Google Drive.

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Méthode détaillée et quelques variations

Ce document reprend les points de la mise œuvre et intégre progressivement les propositions émises par mes collègues enseignants ainsi que par mes élèves.

Prévisualisation du tableur

7 réflexions sur “L’élève « hacker » de son évaluation

  1. Excellent, pour l’outil bien sûr, mais surtout dans le principe de responsabiliser l’élève lui-même. A quand les évaluations des profs par les élèves ? Ah, cela risque d’être plus délicat, avec un zeste de conflit d’intérêts 🙂

    J'aime

    • Merci pour votre commentaire. Sur le document il y a un espace pour permettre aux élèves de formuler des remarques à propos du cours, et je distribue aussi régulièrement un formulaire pour l’évaluation du cours.
      Dans mon expérience, cela fonctionne très bien. Les élèves n’hésitent pas à formuler des critiques négatives, souvent justifiées😉 Je m’efforce de mon côté de les prendre en compte pour m’améliorer.

      Aimé par 1 personne

  2. Enseignants dans le secondaire (collège, hgemc) un tel dipositif pourrait me tenter, mais deux questions me viennent à l’esprit:
    -que faire (en terme de remédiation, de motivation) en cas de difficulté d’accès à la technologie, que ce soit par absence d’intérêt, de maîtrise de l’informatique ou s’il n’y a pas d’ordinateur ou de tablette à la maison, ce qui arrive finalement assez souvent (2 à 5 élèves par classe dans mon expérience) car souvent ces objets ont été remplacés par le smartphone, moins pratique pour le travail.
    -avez-vous l’impression d’une surcharge de travail du fait de la lourdeur de la gestion des fichiers élèves ou au contraire gagnez-vous du temps grâce à ce système car il-faut-finir-le-programme!)

    En tout cas félicitations pour ce projet et votre présentation.

    J'aime

    • David,

      Concernant l’accès à la technologie, on peut imaginer des séances régulières en salle informatique ou encore un ordinateur connecté accessible à tour de rôle aux élèves. Avec des smartphones cela est possible, mais en effet moins pratique. Quant à l’aspect technique, on reste ici dans des gestes assez simples pour les élèves, que l’on peut en tout cas facilement leur apprendre.

      Concernant la charge de travail pour l’enseignant, cettre pratique prend en effet plus de temps que de faire de simple moyennes d’exercices. Notez cependant que tous les documents numériques sont faciles à rassembler dans un mpême dossier. De plus, cette démarche a aussi plus de sens, me semble-t-il, et peut être plus efficace pour l’apprentissage. Idéalement, j’aimerais développer l’évaluation par les pairs (entre élèves), supervisée par l’enseignant. Je me permets de citer ici le témoignage de Catlin Tucker, qui inspire mon approche :

      Although the conversations required substantial time, it was worth it. My students had a real voice in their assessments. Grades weren’t a surprise. Instead, assessment became a conversation. Students left our meeting with a clear sense of where to spend their time and energy to improve in relation to specific skills.

      Quand à la notion de « tenir-le-programme », si mon surmoi d’enseignant me la rappelle constamment, je développe cependant des doutes à son encontre : intervenant en fin de cylcle du secondaire, je questionne souvent les élèves sur des points étudiés dans les années précédentes (en histoire, en lettres, en sciences…) et je mesure bien souvent aussi l’ampleur de l’oubli de ce qui a été enseigné (au pas de course pour « tenir-le-programme »), — mais qui visiblement n’a pas été appris…

      Merci pour vos commentaires !

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