Exploration des potentialités d’un blogue d’élèves

Puisque les blogues sont efficaces…

Comme on le sait, l’utilisation de blogues en contexte scolaire a des effets très positifs. Des pionniers ont en suffisamment témoigné (comme Mario Asselin), et la recherche l’a bien établi, comme le résume cette capsule :

• les conditions affectives : les blogues sont appréciés et motivent les élèves
• les différents contextes d’utilisation : leur utilisation est rapide et flexible, en plus de fournir une ouverture intéressante sur le monde ;
• le déroulement de l’apprentissage : les élèves ont tendance à s’impliquer davantage dans leur écriture lorsque celle-ci s’effectue sur un blogue ;
• les performances : les élèves écrivent davantage (mais la qualité des écrits demeure un enjeu).

… je me lance avec les élèves et voici le Philo Blog

Ce n’est qu’en fin d’année scolaire 2015-2016 (mai et juin) que je me suis enfin lancé avec mes élèves de première (avant-dernière année du secondaire, cours de philosophie). Voici l’adresse : www.philosite.eu.

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Bien doser le numérique : de la fatigue à l’enthousiasme

Capture d’écran 2016-07-17 à 18.55.08.pngDepuis plusieurs années, je recueille avec grand intérêt l’opinion de mes élèves au sujet de mes cours (j’utilise pour cela un questionnaire en ligne). Une critique revient assez fréquemment : dans mes cours, trop de temps est perdu avec l’utilisation du numérique (même si d’autres élèves expriment au contraire leur enthousiasme à l’égard de l’intégration des outils numériques). Sans avoir affiné l’enquête pour identifier avec certitude les raisons de cette critique, ni quel profil d’élève tend à la formuler, je peux avancer quelques idées.

Je reconnais d’abord volontiers que mon tropisme technophile peut me conduire à consacrer trop de temps au numérique (outils, méthodes, enjeux culturels, sociétaux et politiques…). Je reconnais aussi qu’il m’arrive de mal intégrer le numérique dans mes scénarios pédagogiques (le numérique devient alors un obstacle, comme le rappelle par exemple Alice Keeler).  Ayant conscience de ces travers, je m’efforce d’y résister et je crois avoir progressé en la matière (la critique de perte de temps liée au numérique m’est moins souvent adressée).

Je pense aussi que certains élèves peuvent être victimes d’un biais de jugement : étant habituellement peu exposés à la manipulation scolaire d’outils numériques, ils tendent à surévaluer le temps qui y est réellement consacré dans mon cours. Une bonne élève m’écrit ainsi qu’elle « trouve dommage de sacrifier plus de la moitié de nos périodes (donc de notre cours) à ce sujet », — ce qui me semble honnêtement une évaluation exagérée (je me fais d’ailleurs presque chaque semaine l’auto-critique de trop parler à mes élèves, c’est-à-dire de mener des cours trop « magistraux », sans autre outil que ma parole…).

Indépendamment de cela, je pense que le sentiment négatif de certains élèves à l’égard de l’utilisation du numérique tient à l’articulation de deux grandes raisons :

  1. l’indigence de la formation au numérique (j’enseigne dans les deux dernières années du secondaire) ;
  2. la faible compréhension de l’importance du numérique (pour toutes les dimensions du monde contemporain et futur).

La faiblesse de la formation est connue, comme le rappelle par exemple Yann Houry dans son ouvrage  Un Centaure à l’école (2016, loc. 1224 sur Kindle) :

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De fait, il m’est quasiment impossible d’utiliser un outil numérique – même simple — sans devoir au préalable expliquer comment l’utiliser, ce qui est assez chronophage.

Cette contrainte recèle cependant une vertu : l’obligation de sélectionner des outils procurant une réelle plus-value pédagogique et de les intégrer à des scénarios pédagogiques riches. Le temps n’est alors pas perdu, mais au moins doublement gagné :

  • les élèves développent des compétences numériques et s’outillent ainsi pour mieux penser et communiquer,
  • les élèves s’impliquent davantage dans les exercices scolaires (à condition que ces derniers soient bien scénarisés), comme le rappelle en de multiples occasions Yan Houry (ici, loc. 1085) :

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Ainsi, avec le temps, je suis confiant :

  • les élèves que je reçois en aval (en fin de secondaire) seront de mieux en mieux formés en amont (primaire et collège) à l’usage des outils numériques ;
  • je serai moi-même de mieux en mieux expérimenté aux bons dosages et usages du numérique.

Corriger des copies avec un formulaire

La correction des copies est une tâche importante, mais chronophage. Comme de nombreux collègues, je cherche des méthodes pour optimiser ce travail. Je présente ici un dispositif efficace basé sur un formulaire lié à un tableur. Les outils utilisés sont Google Forms et Google Sheets (une solution semblable pourrait être mis en place avec Office 365).

Ce dispositif mobile permet à la fois de gagner du temps et de communiquer aux élèves des évaluations explicites et complètes. Basé sur des outils en ligne, il peut être utilisé sur tout ordinateur ou terminal mobile connecté. Il permet aussi l’archivage des évaluations (même lorsque les élèves rendent des travaux au format papier).

Voici le schéma du dispositif.27777011986_4f6e8ee45a_c

Préparer le formulaire

Le formulaire (il peut être le même tout au long de l’année) contient des champs pré-renseignés permettant des sélections rapides :

  • sélection de la classe ;
  • sélection du nom de l’élève ;
  • sélection du travail corrigé ;
  • date du travail ;
  • sélection des niveaux de réussite des diverses tâches ;
  • sélection des éventuels commentaires typiques (commentaires récurrents) ;
  • champ d’écriture de éventuels commentaires personnalisés (on peut faire correspondre les remarques avec des numéros placés dans les marges des copies) ;
  • champ d’attribution de la note.

 

Remplir le tableur à partir du formulaire

Tout en lisant la copie évaluée, on remplit le formulaire (annotations numériques qui supposent de réduire au maximum les annotations au stylo sur la copie elle-même).

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Après l’enregistrement (envoi) de chaque formulaire, les éléments remplissent automatiquement le tableur lié. Cela permet plusieurs opérations, notamment :

  • durant l’évaluation, on peut copier-coller les commentaires récurrents : après avoir corrigé quelques copies, des profils de travaux se répètent et il alors facile de copier-coller ces commentaires en les plaçant dans le formulaire, tout en conservant la possibilité de les éditer pour les adapter aux cas particuliers ;
  • il est aussi possible, pourquoi pas, de rechercher et remplacer automatiquement certains éléments de commentaires pour les préciser (avant communication aux élèves) ;

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  • après l’évaluation, on peut faire des statistiques et des tris d’élèves.

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Communiquer les évaluations

A partir du tableur, on peut communiquer les évaluations aux élèves. Plusieurs solutions sont ici possibles  :

  • imprimer une page de synthèse pour chaque élève, en utilisant un module complémentaire :
  • envoyer les évaluations par publipostage à chaque élève, en utilisant un module complémentaire :

Voici un exemple de courriel publiposté via le module Yet Another Mail Merge, avec à droite le modèle de courriel avec les marqueurs (<< >>) et à gauche un courriel rempli automatiquement avec les éléments du tableur :

 

Formulaire de démonstration

Des suggestions ?

Ce dispositif est fonctionne déjà assez bien, mais il est sans doute améliorable… grâce à vous suggestions.

Un formulaire de suivi autonome des travaux

travailJ’évalue toujours par des commentaires les travaux formatifs des élèves (s’ils ne reçoivent pas de notes, je chiffre cependant leurs compétences sur 5 points pour mon guidage pédagogique). De plus, je reçois souvent les travaux à des rythmes variés (préférant un travail d’entraînement finalement fait à une absence de travail). Mais n’étant pas un garçon très organisé, il m’arrive parfois de perdre le compte de ce qui a été fait par les élèves…

Ayant le goût de responsabiliser les élèves, je leur demande donc de tenir eux-mêmes le relevé de l’état de leurs travaux. Pour cela, j’utilise désormais un dispositif assez simple et assez efficace : un formulaire Google Forms leur permettant de compléter régulièrement l’état de leurs travaux.

Voici un exemple du formulaire. Voici le lien pour faire une copie éditable du formulaire (avec un compte Google).

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Un tableur qui gazouille (intégration Twitter & Google Sheets)

Si vous utilisez le service de microblogage Twitter avec vos élèves ou étudiants, vous tenez sans doute à :

  • utiliser un compte de classe commun, créé et géré par vous (sans demander aux élèves/étudiants de créer des comptes individuels), sans communiquer aux élèves/étudiants le mot de passe du compte ;
  • faciliter au maximum la collecte, l’édition et la publication des tweets (messages de 140 signes maximum) ;
  • prendre le temps de réfléchir et de soigner les messages, pour éviter les publications réactives ou hâtives.

Alice Keeler (@alicekeeler) nous propose une solution élégante basée sur un tableur en ligne (Google Sheets) avec une feuille de calcul facilitant la collecte, l’édition et l’envoi des messages sur Twitter (« Class Twitter Account: How Your Students Can Tweet« ).

Je propose ici la version française, avec de légères modifications, du document originellement conçu par Alice Keeler.

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Envoyer par courriels semi-automatisés les mises à jours des cahiers de textes

 

cdtVous utilisez un tableur pour la tenue des cahiers de textes de vos classes ? Avec Google Sheets vous pouvez envoyer à vos élèves les mises à jours des cahiers de textes par des courriels semi-automatisés. Cette communication proactive (push) permet de mettre à disposition des informations utiles pour le cours, avec des liens vers des ressources en ligne. Elle peut aussi inviter les élèves à discuter par courriels sur les cours et les exercices.

Je propose ici une procédure assez simple appuyée sur le module complémentaire Yet Another Mail merge. Cette proposition reste bien évidemment ouverte aux améliorations (d’autres modules sont disponibles ; d’autres scénarios sont possibles).

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Publier des collections artistiques commentées (Google Art Project)

screencapture-www-google-com-culturalinstitute-u-0-collections-1455566692849.pngPour amener les élèves à travailler de manière originale sur un sujet tout en développant leur culture visuelle et artistique, Google Art Project se montre un outil très intéressant (on pourrait aussi suivre le développement de europeana).

Cette plateforme permet depuis 2011 de parcourir des collections numérisées provenant d’un grand nombre de musées du monde entier.

Elle permet aussi de créer et de partager des galleries personnalisées d’œuvres accompagnées de commentaires écrits. (Il faut pour cela que les élèves disposent d’un compte Google, idéalement via Google Apps For Education.)

N.B. : j’ai découvert l’usage de cet outil en lisant le billet de Catlin Tucker : Design a Thematic Art Gallery with Google Art Project. Voir aussi le pdf d’aide (en anglais) : The Google Cultural Institute: Google Art Project.

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