A la rencontre de Petite Poucette, par-delà les frontières

À l’invitation l’édition 2015 du REFER (Rendez-vous des écoles francophones en réseau) et plus spécialement de Monique Lachance (@lacmonique) et de Nathalie Couzon (@nathcouz), la réflexion a été engagée sur le thème “Le numérique à l’école : entre humanisme et utilitarisme”.

Des élèves de mes cours de philosophie (niveau première) se sont lancés dans des projets collaboratifs avec des camarades de France et du Québec (voir “Rendez-vous transatlantique avec Michel Serres et le Refer”, par Jean-Michel Le Baut, — qui alui-même participé activement avec ses élèves). Plusieurs projets ont été menés.

1) Un travail d’écriture multimédia autour de Petite Poucette, le récent essai de Michel Serres consacré aux mutations de notre monde. Les productions des élèves (textes, vidéos, cartographie, animations…) sont venues enrichir l’ouvrage du philosophe, au moyen d’une publication en réalité augmentée (visualisable via les smartphones, application Aurasma).

2) Des débats ont été organisés entre quelques élèves de l’Ecole européenne Bruxelles I et de  l’École secondaire Cardinal-Roy (Québec), en collaboration avec l’excellente Annie Turbide (@aturbide).
Quatre affirmations ont été mises en débat : “Avec Internet, plus besoin d’aller à l’école“, “Aujourd’hui, apprendre par cœur est inutile”, “Avec les réseaux sociaux, on n’est plus jamais seul”, “Internet rend l’humanité plus tolérante”.

En équipes de deux — hors des heures de cours —, les élèves ont préparé leurs argumentaires (en communiquant par Skype et Facebook et en élaborant des cartes d’idées collaboratives). Les débats ont eu lieu en visioconférences — pour les miens, durant les vacances de février ! Ils ont donné lieu à des rencontres et à des échanges très stimulants.

3) Deux discussions ont été enfin organisées entre des équipes mixtes belgo-québécoises et le philosophie Michel Serres lui-même, très merveilleusement disponible. Après avoir préparé collaborativement leurs argumentaires, les équipes mixtes d’élèves ont échangé en visioconférence avec Michel Serres (présent depuis la France). L’évènement a été transmis le 18 mars en webdiffusion, dans le cadre du colloque du REFER (Montréal).

Je remercie mes collègues canadiens et français pour leur joyeuse énergie, et surtout les élèves qui se sont lancés avec enthousiasme dans cette aventure, conjuguant leur intelligence et leur créativité pour inventer l’école d’aujourd’hui, pour explorer ou inventer de nouveaux territoires pédagogiques.

“Espace de circulation, oralité diffuse, mouvements libres, fin des classes classifiées, distributions disparates, sérendipité de l’invention, vitesse de la lumière, nouveauté des sujets aussi bien que des objets, recherche d’une autre raison… : la diffusion du savoir ne peut plus avoir lieu dans aucun des campus du monde, eux-mêmes ordonnés, formatés page à page, rationnels à l’ancienne, imitant les camps de l’armée romaine. Voilà l’espace de pensée où habite, corps et âme, depuis ce matin, la jeunesse de Petite Poucette.”
Michel Serres

Des “tracts” numériques pastiches pour renforcer la compréhension des élèves

Philo_Party___SmoreUn bon test de la compréhension des élèves est leur capacité à utiliser le matériel enseigné et, notamment, à le transformer de manière créative. Un tel exercice présente des avantages :

  • il offre une respiration ludique et collaborative dans le cours ;
  • il permet d’impliquer les élèves par des activités ludiques — tout en soulignant qu’ils ne peuvent jouer sans une certaine maîtrise des contenus ;
  • il permet d’enseigner les règles et les techniques de la publication en ligne (sans oublier les enjeux visuels).

Typiquement, à partir du matériel du cours, le travail demandé aux élèves est d’imaginer et de réaliser une page annonçant un évènement fictif (colloque, concert, sortie d’ouvrage, annonce, publicité…). Cette activité est facilement déclinable dans chaque discipline et chaque niveau. Elle permet aux élèves de s’approprier des contenus disciplinaires en jouant à les détourner (on ne comprend bien que ce que l’on peut transformer). Elle leur permet aussi de s’approprier des outils et des savoir-faire de la publication numérique.

Cette activité nécessite des ordinateurs connectés ou des terminaux mobiles (certaines applications ayant des versions mobiles ou étant adaptés aux écrans mobiles). Les élèves utilisent une application en ligne (généralement gratuite).

Voici une sélection d’applications.

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Les élèves le font : des débats Belgique-Québec en visioconférences

Romain Gérard : Speech balloons

Et sinon, la pédagogie par projets, comment va-t-elle ? Elle va bien ! Et cela grâce aux élèves eux-mêmes, et à l’inititative de deux formidables collègues québécoises, Annie Turbide  et Monique Lachance. Ensemble, nous avons en effet organisé (17/2/15) une série de quatre débats en visioconférence : huit équipes d’élèves en binômes, constituées à partir de nos classes de l’École secondaire Cardinal-Roy (Québec) et de l’École européenne Bruxelles 1 (Belgique) : côté québécois, les élèves du cours d’éthique et culture religieuse de 5e secondaire (16-17 ans) ; côté belge, des élèves (16-17 ans) du cours de philosophie. Les thèmes des débats été extraits de l’ouvrage de Michel Serres, Petite Poucette (2012), au centre de l’évènement organisé par le refer-edu : “Le numérique à l’école, entre humanisme et utilitarisme » :

1. Avec Internet, plus besoin d’aller à l’école. 2. Aujourd’hui, apprendre par coeur est inutile. 3. Avec les réseaux sociaux, on n’est plus jamais seul. 4. Internet rend l’humanité plus tolérante.

La forme choisie pour les débats dérive format anglais « Mace debate« , avec une structure rigoureuse.

format débat

(L’organisation générale des débats est décrite sur ce document.)

Les élèves volontaires ont préparé avec enthousiasme les argumentations sur les positions qui leur ont été imposées, puis ils les ont défendues vaillamment — durant leur semaine de vacances ! . Ils ont pris le risque de la prise de parole dans une exercice exigeant, entre deux continents.  Ils n’ont pas démérité !

Voici donc une riche expérience que la technologie rend désormais facilement possible. Je ne doute pas que nous recommencerons très vite : les élèves le réclament, et nos aussi !

///////// PRESSE /////////

« Des jeunes du Québec et de la Belgique débattent sur le numérique en éducation« 

Une visite au Bett 2015

logo_bettAu Bett Show (le salon annuel international des technologies éducatives ou “edtech »), une visite d’une journée expose à toutes sortes d’impressions, allant de l’enthousiasme techno-pédagogique à l’accablement techno-commercial… De plus, il est difficile d’échapper à une vue partielle de ce salon, de taille gigantesque, avec un nombre impressionnant d’exposants, d’orateurs et de visiteurs. Le Bett est un lieu contrasté, démesuré, commercial, — mais aussi stimulant et intelligent. Un déferlement de matériels et de services (avec une douzaine d’entreprises françaises), mais aussi des éducateurs passionnés et passionnants par leurs idées et leurs pratiques.

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Des badges numériques ouverts pour suivre et valoriser les compétences (en philosophie)

openbadgesJ’initie au second semestre de cette année scolaire 2014-2015 un projet de badges numériques ouverts dans le cours de philosophie. L’objectif est d’intensifier la motivation des élèves à travers la valorisation des compétences acquises. L’outil numérique utilisé permet en outre aux élèves de publier, s’ils le veulent, les badges de leurs compétences.

N.B. : version à jour de cet exploration des badges dans le cours de philosophie sur cette page.

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Des fiches individuelles de suivi des compétences (puis des badges)

Comment transcire le développement des compétences des élèves ? Comment le visualer, l’expliciter et le suivre ?Comment aussi engager les élèves dans le suivi de leur progrès ? Voici quelques idées, allant du papier (« bons points » et fiches de relevés) aux badges numériques ouverts…

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Tetrapharmakon pédagogique ? Les « 4 C » pour l’apprentissage profond

L’infatiguable Christophe Batier m’a entraîné dans quelques réflexions générales autour de l’apprentissage, capturées sur le plateau TV de l’Université d’été Ludovia #11.

J’y parle avec lui des différents niveaux d’apprentissage (de surface, stratégique et profond : voir Ken Bain) et des « 4 C » qui peuvent former un « tetrapharmakon pédagogique » pour l’enseignant :

  • pensée Critique,
  • Collaboration,
  • Communication,
  • Créativité.

Ludovia.com a publié ces entretiens, avec quelques petits textes d’accompagnement :

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