Former aux rétroactions (feedback literacy)

Le feedback formatif (rétroaction pour l’apprentissage) n’est efficace que s’il est compris par les élèves, et que si ces derniers y répondent par de nouvelles activités. Les élèves doivent être des récepteurs actifs des rétroactions et des commentaires fournis pas les enseignants.

« It turns out that it isn’t the giving of feedback that causes learning gains, it is the acting on feedback that determines how much students learn. »
– Jean Chappuis, « How Am I Doing? », ASCD, 2012.

Pour cela, les élèves doivent être en mesure de comprendre le feedback et de pouvoir y répondre de manière appropriée. Il leur faut donc développer une véritable littératie de la rétroaction :

« Teachers can develop learners’ feedback literacy – their ability to understand and act on feedback.« 
– Annie Brookman-Byrne, Making feedback effective, BOLD.

Cet apprentissage doit bien entendu être explicitement organisé :

« Feedback literacy development can be facilitated by allowing classroom time for students to read and discuss their feedback with the teacher, ideally with one-to-one conversations where possible. »
– Annie Brookman-Byrne, Making feedback effective, BOLD.

Je place ici quelques autres références sur la question de la littératie de la rétroaction, qui suppose d’ailleurs de concevoir le feedback comme un dialogue soutenu entre l’enseignant et l’élève.


Photo par Clark Van Der Beken sur Unsplash.

Donnez du feedback sans perdre votre temps, ni celui des élèves

La zone proximale de développement selon Vygotsky signifie en substance que l’autonomie de progression de l’élève est limitée, et qu’il a besoin à un certain point d’une aide pour l’amener plus loin (voir notamment sur ce sujet la fiche de l’Université de Québec). C’est ce que nous faisons en tant qu’enseignants : nous aidons les élèves à aller plus loin.

Cela signifie que nous ne pouvons pas nous contenter d’accepter leur réponse ou leur tentative initiale. Nous leur donnons du feedback sur la façon de s’améliorer pour les aider à franchir ces étapes au-delà de ce qu’ils ont eux-mêmes atteint.

Le feedback est un retour d’information de l’enseignant sur les acquis de l’élève en vue de faciliter son apprentissage. L’objectif du feedback est d’indiquer à l’élève où il se situe par rapport aux attentes fixées et ce qu’il peut faire pour s’améliorer.

Ont-ils lu les commentaires ?

On peut dire que, si les élèves ne lisent pas vos commentaires, vous perdez votre temps à les donner.

Et pourquoi passer des heures à noter des commentaires sur des travaux d’élèves alors que nous savons qu’ils les négligeront et les jetteront peut-être même à la poubelle ? S’agit-il pour nous d’une question d’honneur ? S’agit-il d’une mauvaise perception de notre travail ?

A éviter : la méthode « The Big Lebowski. »

Pourquoi donnons-nous du feedback ?

Nous pouvons supposer que nous pensons que les élèves apprendront davantage si nous leur donnons du feedback. Cela est vrai… seulement si le feedback répond à certains critères.

  • Critère n°1 – le feedback doit être lu par les élèves.
  • Critère n°2 – le feedback doit indiquer spécifiquement ce que les élèves ont bien fait.
  • Critère n° 3 – le feedback doit indiquer de manière spécifique, avec des précisions, comment améliorer le travail.
  • Critère n° 4 – le feedback doit être réalisable.

Sur ces critères, voir notamment les travaux de John Hattie (voir par exemple « Getting Feedback Right: a Q&A With John Hattie« , Education Week, 2018).

Ne vous donnez pas une peine inutile

Si les élèves ne font rien avec vos commentaires, comment savez-vous qu’ils en ont tiré des leçons ? Le nombre d’heures dans la journée est limité, n’est-ce pas ? Vous ne pouvez pas tout faire.

Mettez fin à la culpabilité ! Vous n’avez pas besoin de mettre une note sur tout ce qu’un élève fait.

Vous n’êtes pas un mauvais enseignant si vous ne mettez pas des coups de stylo ou des annotations sur tous les travaux des élèves. Vous devez vous poser la questions : quel apprentissage résulte du temps que vous consacrez à votre travail ? Beaucoup ou un peu ? Si la réponse est un peu… ne le faites pas. Si vous passez plutôt du temps sur des choses qui ont une efficacité plus élevée pour l’apprentissage, vous êtes gagnant ! Ne vous inquiétez pas pour des broutilles…

Bien sûr, certains vous diront que vous ne faites pas votre travail. Ils peuvent bien définir votre travail comme de la paperasserie… mais ce n’est pourtant pas cela qui vous motive !

Pour les tâches de faible niveau de réflexion critique (comme le simple rappel de connaissances de base), il est préférable de ne pas vous mettre en peine. En fait, vous ne devriez pas du tout vous embêter à évaluer « manuellement » ces tâches. Utilisez plutôt un exerciseur en ligne (vous en trouverez ici une collection), ou n’importe quelle autre plateforme qui automatise l’évaluation notée. Pour les tâches de faible niveau de réflexion, le feedback immédiat offert par ces outils est légitimement meilleur pour l’apprentissage. Le fait de passer votre temps à noter des tâches de faible réflexion (vrai/faux, questions fermées…), pour les rendre à tout prix le lendemain à vos élèves, offre vraiment un faible retour sur investissement pour votre temps en termes d’apprentissage des élèves.

Mettez les élèves en activité sur le feedback

Si vous avez décidé de donner des commentaires, comment allez-vous faire en sorte que vos élèves en tirent des enseignements ? Il faut faire en sorte que cela fasse partie intégrante de votre processus de réflexion, tout comme vos plans de cours. Certes, il est plus rapide en termes de temps de classe de simplement distribuer les commentaires et de passer à autre chose… mais pourquoi avez-vous écrit et remis ces commentaires si ce n’est pour que vos élèves en tirent des leçons ? Utilisez donc le temps de classe pour que les élèves soient actifs et produisent quelque chose à partir de votre feedback.

Intégrez la reprise des commentaires dans les consignes

« Le feedback ou retour immédiat quand on apprend est un des plus puissants moteurs de l’apprentissage. » (A. Tricot, Apprendre avec le numérique, mythes et réalités)

Puisqu’une partie essentielle de l’apprentissage consiste à répondre au feedback, faites que le travail des élèves ne soit pas terminé tant qu’ils n’ont pas répondu aux commentaires : intégrez la réponse au feedback comme une partie essentielle des exercices et des activités. Faites littéralement que « répondre aux commentaires de l’enseignant » soit inclus dans les consignes.

Ne communiquez pas la note tant que les élèves n’ont pas répondu à vos commentaires.

La mission est incomplète si les élèves n’ont pas répondu à vos commentaires. Ne cédez pas. Si vous avez laissé des commentaires, vous ne perdrez pas votre temps ; que feront-ils de ces commentaires ? Vous serez probablement confrontés à des refus les premières fois,, mais soyez conséquents. Si vous laissez des commentaires, les élèves doivent agir en fonction de ceux-ci. Et ils ne doivent pas le faire lors de leur prochain travail ou devoir, mais lors même de celui-ci !

Retour sans score

Si vous utilisez Google Classroom (dans le cadre de G Suite for Education), il est essentiel que vous retourniez tout le travail de chaque élève. C’est ainsi que chaque score est publié. Notez cependant que, si vous n’avez pas attribué de score et que vous remettez le travail à l’élève dans Google Classroom, ce travail est reclassé en « Attribué » (non pas en « Remis). A ce jour l’outil de Google ne permet pas de classer un devoir comme étant en attente de reprise par l’élève. N’hésitez pas à veuillez envoyer à Google Classroom vos commentaires sur le fait que cette fonction serait très utile.

Astuce: modifiez le devoir et changez la date d’échéance.

  • La première date d’échéance était de soumettre le devoir pour recevoir des commentaires.
  • La date d’échéance actualisée est de soumettre à nouveau le devoir avec des améliorations en réponse aux commentaires.

Remplissez partiellement seulement la rubrique

L’un des critères de votre rubrique (grille d’évaluation) pourra être de « Répondre aux commentaires ». Lorsque les élèves soumettront leur travail pour la première fois, laissez cette ligne de la rubrique vide lors de votre première évaluation. Lorsqu’ils soumettront à nouveau leur travail, finissez alors de remplir la rubrique et mettez simplement à jour l’évaluation pour les domaines dans lesquels ils n’avaient initialement pas bien réussi, c’est-à-dire ceux que vous espérez avoir été maintenant corrigés.

On peut aussi utiliser un critère non noté (0 points), simplement pour permettre de visualiser si l’étape de reprise des commentaires a été faite.

Certes, c’est plus de travail pour vous d’évaluer le travail deux fois. Mais pourquoi enseignons-nous, si ce n’est pour développer des pratiques qui conduisent efficacement à l’apprentissage ?

Nous ne nous sommes certainement pas engagés dans l’enseignement pour faire de la paperasse…


Article adapté de Giving Feedback Wastes Your Time avec l’autorisation d’Alice Keeler.
Ce contenu est soumis au droit d’auteur et n’est pas sous licence Creative Commons.

Changez la donne : utilisez des diapositives de commentaires

N’utilisez pas toujours un document de texte en ligne

Bien entendu, les traitements de texte en ligne collaboratifs sont extrêmement utiles pour les travaux d’élèves, car vous pouvez y accéder et y saisir vos commentaires . Mais ils ne sont pas toujours l’outil le plus adapté, notamment par ce qu’ils obligent l’enseignant.e à naviguer dans une multitude de documents remis par les élèves.

Bien souvent, d’ailleurs, les élèves pourraient plus avantageusement remettre leur travaux via un formulaire en ligne, comme Google Forms (astuce : utilisez alicekeeler.com/form pour saisir vos questions sur une feuille de calcul et les transformer rapidement en un formulaire Google).

Utilisez une application de diaporama et ajoutez une (ou plusieurs) diapositives de commentaires

Avec une application de diaporama telle que Google Slides, vous n’êtes pas limités aux commentaires figurant sur le côté du document (dans le cas d’un travail avec Google Docs). Au lieu de cela (en fait, en plus de cela), vous pouvez ajouter votre propre diapositive aux diapositives des élèves et prendre autant de place que souhaité pour vos commentaires.

N.B.: les outils utilisés ici sont ceux de G Suite for Education (il ne faut pas recueillir ni traiter des données personnelles d’élèves avec un compte personnel Google), notamment Google Slides. Il est évidemment possible de reproduire ces dispositifs avec des solutions tierces (p.e. Microsoft O365 Education).

Google Slides: c’est du multimédia

Toutes les activités que vous pouvez distribuer dans Google Docs peuvent être aussi bien distribuées dans Google Slides. Et c’est souvent mieux ! L’avantage de Slides est en effet la possibilité d’ajouter des éléments multimédias. De fait, le travail des élèves peut en être stimulé et les inviter à davantage de créativité.

Chaque diapositive dans Google Slides a une URL unique

Lorsque vous êtes sur une diapositive (par exemple, la diapositive n° 5), sélectionnez son url dans la barre d’adresse du navigateur(avec le navigateur Chrome, vous pouvez utilisez le raccourci clavier Ctrl + L) puis copiez la (Ctrl + C). Ce lien vous amènera directement à cette diapositive.

Des commentaires en vidéo

Vous pouvez même ajouter des commentaires vidéos aux travaux de vos élèves.

Pour cela, vous pouvez utiliser, par exemple, l’extension Screencastify dans le navigateur Chrome. La vidéo s’enregistre automatiquement dans Google Drive. Dans Google Slides, utilisez alors le menu Insérer, puis choisissez Vidéo et choisissez l’option Google Drive pour ajouter votre vidéo Screencastify.

N.B. : modifiez une fois pour toutes les paramètres de partage du dossier Screencastify dans votre Google Drive, afin que toute personne ayant le lien d’une vidéo lien la visionner (sans cela, vos vidéos resteraient privées).

Modèle de diaporama de commentaires

Si vous le souhaitez, faites une copie du modèle de feedback avec Google Slides (alicekeeler.com/slidesfeedback).

Si vous cliquez sur la petite flèche à côté de l’icône « plus » dans la barre d’outils, vous verrez toutes les mises en page. Notez que la dernière mise en page est violette. C’est la mise en page du feedback.

Communiquez le lien vers la diapositive de commentaires

Si vous ajoutez une diapositive de commentaires, vous souhaitez la communiquer à l’élève concerné. Il suffit de copier l’url de cette diapositive et la communiquer à l’élève. Faites Ctrl + L pour sélectionner l’URL (ou cliquez simplement dessus) et Ctrl + C pour la copier. Vous pouvez alors la communiquer, par exemple en la collant (Ctrl + V) dans les commentaires privés de Google Classroom. Ce lien dirige directement l’élève vers les commentaires qui lui sont destinées, sans devoir l’obliger à faire défiler toutes les diapositives.


Article adapté de Game Changer – Add a Feedback Slide, avec l’autorisation d’Alice Keeler.
Ce contenu est soumis au droit d’auteur et n’est pas sous licence Creative Commons.

Saisir des commentaires via une interface semi-automatisée

L’évaluation des travaux d’élèves requiert de l’enseignant des saisies stéréotypées de commentaires (quand les mêmes éléments et compétences sont évalués chez tous les élèves). Cela est fastidieux, mais peut être facilité par les interfaces informatiques. Un grand nombre de solutions sont envisageables. Je montre ici l’utilisation d’une extension pour le navigateur Chrome : Text Blaze.

Text Blaze est disponible en version gratuite ou payante (pour plus de fonctions). Cette extension permet de déclencher la saisie de textes prédéfinis (via des raccourcis clavier) et même d’afficher des fenêtres surgissantes servant d’interface pour sélectionner des éléments prédéfinis.

Les éléments sélectionnés seront automatiquement saisis à l’endroit du curseur dans la page d’origine. Pour plus de détails, voir les pages d’aides de Text Blaze.

A noter : Text Blaze est collaboratif, ce qui permet à plusieurs enseignants de se partager et d’éditer en commun des bases de commentaires.

Communiquer par courriels des évaluations continues à partir d’un tableur en ligne

Je pratique autant que possible l’évaluation suivie ou continue des travaux d’élèves, que les anglophones appelent parfois « ongoing feedback« . Il s’agit d’accompagner les élèves dans l’amélioration régulière de leurs travaux, depuis le brouillon jusqu’à la version finale.

N.B. : Je ne cède pas pour autant au fétichisme de l’œuvre « achevée », n’oubliant pas l’avertissement de Borges que l’idée d’œuvre achevée relève « de la fatigue ou de la superstition » (comme le rappelle Gérad Genette dans Figures III, 1972).

Il s’agit d’une évaluation « conversationnelle », puisque les élèves peuvent répondre. On peut ainsi fournir des rétroactions durant la réalisation même de la tâche. Cela soutient l’apprentissage des élèves, comme le rappelle Alice Keeler :

Cette démarche est désormais facilitée par les applications numériques, et notamment par les traitements de textes en ligne, qui permettent la collaboration et l’ajout de commentaires. J’utilise pour ma part Google Docs dans GSuite et Word online dans O365 (versions éducation). GSuite permet en outre des opérations de publipostage directement en ligne, à partir du tableur GSheets. Dans sa version actuelle, 0365 ne le permet pas (cela serait cependant possible via SharePoint, associé à Microsoft Flow).

Voici un exemple de dispositif assez simple, que j’utilise très régulièrement.

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Rédiger des évaluations en concaténant les cellules d’un tableur

vJ’ai déjà présenté plusieurs manières d’utiliser un tableur pour optimiser l’évaluation des élèves et la communication de ces évaluations (« Cocher, filtrer, copier, coller : évaluer avec un tableur« , « Une rubrique dans un tableur : évaluer plus efficacement les élèves« ).

Voici un nouveau procédé, facilement adaptable à différents contextes, reposant sur des feuilles de calculs, des menus déroulants et la concaténation des remarques.

Le tableur utilisé est Google Sheets, mais le procédé est déclinable sur d’autres tableurs (Excel notamment). Toutefois, grâce à ses modules complémentaires, Google Sheets permet des opérations intéressantes, comme l’export et l’impression au format texte ou la communication des évaluations aux élèves par publipostage.

Des modèles de tableurs duplicables et modifiables sont proposés en fin de billet.

Présentation générale

Vidéo

Diaporama


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Des lettres d’auto-évaluation pour une évaluation conversationnelle

Cher professeur

Briser le monopole de l’évaluation

Puisqu’il s’agit de développer l’autonomie des élèves, toutes les occasions sont bonnes pour les « sortir du siège de passager » et « les placer au volant » de leur apprentissage (selon la métaphore filée par Ike Shibley dans « Putting Students in the Driver’s Seat« ).

L’enjeu est particulièrement sensible concernant l’évaluation : on sait quel puissant levier d’apprentissage constitue l’auto-évaluation, comme l’a documenté John Hattie. Mais on sait aussi à quel point le monopole des enseignants dans l’évaluation rend les élèves passifs dans leur apprentissage, comme le rappelle Arthur Chiaravalli (« Teachers Going Gradeless. Toward a Future of Growth Not Grades« ) :

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Comme le formume Catlin Tucker :

« Like too many aspects of edu, students play a passive role in the traditional grading system. »

Entrer en correspondance

Dès lors, pourquoi ne pas impliquer explicitement les élèves en leur proposant de rédiger régulièrement des lettres d’auto-évaluation ?

Inspiré par Arthur Chiaravalli (et ce qu’il nomme « linked letter »), je demande désormais à mes élèves de rédiger et de m’envoyer des lettres d’auto-évaluation (en voici les consignes).

L’élève est invité à rédiger un texte de présentation de lui-même, et d’auto-évaluation (il y a aussi une évaluation du cours et de l’enseignant). Il est attendu que l’élève place des liens vers des exemples de ses travaux montrant ses essais et son apprentissage.

Un processus réflexif de type ePorfolio

En ce sens, cet exercice s’inscrit pleinement dans la loghique du ePortfolio.

« Un ePortfolio est le résultat d’un processus (réflexif) au cours duquel son auteur collecte, sélectionne, organise, analyse et présente les preuves de ses expériences, réalisations et apprentissages — pour lui/elle-même ou une audience particulière. » — Serge Ravet.

Exemples

Voici des exemples de belles lettres d’élèves (au format Word) auxquelles je réponds par des commentaires :

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> Lien vers la grande image.

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S6PH2A

Maintenir la conversation

L’exercice est très fructeux et contribue à développer une culture de l’évaluation formative continue et conversationelle. Comme le formule encore Arthur Chiaravalli : « The goal is to “keep the conversation going” as long as possible. »

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C’est la même idée que propose d’ailleurs Catlin Tucker : “Conversations Instead of Grades. »

Entrer dans la danse ?

La correspondance en ligne est riche (notamment par les traces qu’elle génère), mais elle ne remplace pas de véritables entretiens individualisés. Cependant, il est difficile d’organiser de tels entretiens individualisés avec les élèves, en raison de la difficulté d’en trouver le temps et le lieu. Certes, on pourrait imaginer des entretiens vidéos, mais ici encore on déborde fortement le temps de la classe…

Une piste a cependant retenu mon attention : le dispositif de la rotation d’ateliers (« Station Rotation Model ») proposé par Catlin Tucker, couplé à sa proposition de ne jamais évaluer hors de la classe (« Stop Taking Grading Home« ).  — A explorer !

Une rubrique dans un tableur : évaluer plus efficacement les élèves

grilleLes enseignants cherchent à rendre les évaluations moins chronophages et plus utiles pour les élèves.
L’intérêt des grilles est ici connu : elles encadrent la subjectivité de l’évaluateur et réduisent la portée de certains biais de jugement, elles améliorent la fidélité et la stabilité des évaluations, elles ont généralement la faveur des apprenants, elles génèrent des traces d’apprentissages, elles améliorent la rapidité de l’évaluation (voir ce qu’en dit l’Université de Genève).
Voici une proposition d’utilisation de grilles d’évaluation avec un tableur en ligne. L’outil choisi est Google Sheets, dont certaines fonctions avancées (création de documents et publipostage) ne sont à ma connaissance pas encore disponibles dans les autres outils. Ce dispositif est bien entendu adaptable à différentes situations d’évaluation, pour différents niveaux scolaires et différentes matières.
N.B. : j’avais déjà présenté un dispositif basé sur un formulaire lié à un tableur (« Corriger des copies avec un formulaire« ) ou un autre basé sur des copies numérisées au format pdf (« Corriger numériquement (et efficacement) des copies papier »).

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L’élève « hacker » de son évaluation

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Comment donner plus d’autonomie et de responsabilité aux élèves dans leurs apprentissages ? Comment développer entre les élèves et les enseignants une culture de l’évaluation formative continue (permettre la reprise et l’amélioration des exercices) et de l’évaluation conversationnelle (discuter avec les élèves de ces améliorations) ?
Pour soutenir cette démarche, je propose un dispositif numérique assez simple et très flexible, sous la forme d’un tableur par lequel chaque élève peut faire le suivi de ses travaux et de ses performances, auto-évaluer ses compétences, ainsi qu’émettre des remarques à propos du cours. Ce tableur partagé (en ligne) permet la discussion avec l’enseignant — et pourquoi pas entre les pairs ? — via les commentaires associés aux cellules. Il est élaboré avec Sheets (Google).

N.B. : des mises en œuvre sont également possibles avec Excel (O365), Numbers (iCloud) ou dans une certaine mesure avec Framacalc, — mais avec certaines limitations (telles que l’affichage des badges).

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Corriger numériquement (et efficacement) des copies papier

Si vos élèves ou vos étudiants vous remettent systématiquement leurs travaux sous forme numérique, vous êtes déjà engagés dans l’augmentation de votre travail de correction. Au cas contraire (c’est largement le mien), vous pouvez faire un détour par la numérisation des copies papier (au format pdf) pour bénéficier de l’efficacité et de la richesse d’une correction numérique. Plusieurs applications permettent en effet de saisir des remarques sur des documents pdf, mais aussi d’y placer ou d’y « tamponner » à la volée des remarques-types bien pratiques.

Certes, tous les travaux ne justifient pas ce dispositif. Mais pour les travaux qui requièrent des commentaires fournis, cela se révèle très utile, tant pour l’enseignant que pour l’apprenant.papier-numérique

N.B. : pour une approche complémentaire (en environnement « tout numérique ») voir le billet de Yann Houry : « Corriger des copies numériques ». Lire la suite