Suivi des prises de paroles négociées et des compétences avec un tableur

capture-decran-2017-02-18-a-21-18-14Un billet précédent a expliqué comment utiliser un tableur pour suivre des activités de prises de paroles négociées en groupes. Le but est ici d’inciter les élèves à élaborer collaborativement des réponses, et à prendre davantage la parole.

Je propose une version incluant le suivi de compétences. Le but est d’inciter les élèves à mettre en œuvre certaines compétences utiles dans l’apprentissage. Le tableur permet de de demander et de valoriser les compétences voulues dans les prises de parole.

Dans le cas de cours de philosophie, par exemple, j’attends que les prises de paroles comportent du questionnement, de l’argumentation, de la précision conceptuelle et des références à la culture philosophique et générale. Le tableur permet aussi de visualiser ces compétences par des badges ou des pictogrammes.

  • Voici une explication en vidéo.

Comme toujours, cette proposition très améliorable attend vos remarques avec curiosité.

Un tableur pour suivre les scores de travaux en « îlots bonifiés »

Tous ensemble ?

La pratique de l’enseignement mixte ou hybride (dans l’espace de la classe et dans l’espace numérique) fait réfléchir à la spécificité des activités ne pouvant avoir lieu que dans la salle de classe. La question est : que pouvons-nous faire à plusieurs dans une salle de classe et que nous ne pourrions pas faire ailleurs ?

Peut-on vraiment travailler en groupe ?

Une première réponse est bien entendu le face-à-face pédagogique entre un enseignant et un groupe. Une seconde réponse est la possibilité de travaux de groupes. Mais de tels travaux sont difficiles à mettre en œuvre. Un billet mordant de Mara Goyet (et ses nombreux commentaires) rappelle cette difficulté, pour l’enseignant comme pour les élèves. Marie Rivoire, enseignante, témoigne aussi de cette difficulté typique :

J’avais […] commencé ma carrière en mettant les élèves par îlots de quatre […]. Cependant, j’avais dû renoncer, car la gestion du groupe me posait plus de problèmes qu’elle n’en solutionnait. Certes, les élèves étaient ravis, mais comment contrôler les bavardages ? Comment être sûre que tous, à la table, participaient au travail commun ? Le meilleur élève n’allait-il pas être sollicité encore et encore pour prendre en charge les tâches données par le professeur ? N’allait-il pas finir par se lasser, et finalement, perdre de son enthousiasme au lieu d’en gagner ? Et comment alors évaluer les élèves à la table ? Toutes ces questions sans réponses avaient eu raison de mon bel idéalisme.

La question est bien : « Où est-ce qu’on nous apprend à travailler en groupe ? », comme le rappelle Marcel Lebrun.

Je propose ici un petit enrichissement numérique de la méthode de travail en « îlots bonifiés ».

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Suivre des tâches avec des points XP et des badges

De nombreux enseignants — avec ou sans le numérique — se tournent vers la ludification pour transformer l’apprentissage en jeu, ou pour qu’une activité d’apprentissage soit perçue comme ludique.

Dans cette perspective, j’ai été inspiré par un bricolage de l’inépuisable Alice Keeler. Il s’agit de permettre aux élèves et aux étudiants de marquer et de visualiser l’accomplissement de leurs tâches via un tableur, délivrant des points d’expérience, des badges de niveaux et éventuellement des badges de compétences. Je propose ici une traduction de ce tableur, quelques consignes et une invitation à améliorer le dispositif.

N.B. : ce dispositif reste certainement une exploration modeste de ludification de l’apprentissage, et ne constitue pas pleinement un jeu. Il relève pour une bonne part d’une “chocolate covered broccoli approach” (Bruckman, 1999).

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