Une petite présentation de l’esprit des activités de prises de notes collaboratives dans le cours de philosophie, via des outils d’écriture numérique.
Autres billets sur ce thème : http://profjourde.wordpress.com/category/collaboration/
Profitant d’une rencontre au CNAM à Paris, Christophe Batier m’a invité à l’une de ses fameuses causeries technopédagogiques.
Une belle occasion de présenter l’usage de la plateforme Spiral connect pour la correction numérique et augmentée de copies. Il est question d’évaluation formative et dé ma recherche de développer de véritables conversations autour des travaux des élèves, pratiques déjà abordées dans ce blogue.
Une petite présentation de l’esprit des activités de prises de notes collaboratives dans le cours de philosophie, via des outils d’écriture numérique.
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J’ai présenté dans un billet précédent mes expérimentations de corrections numériques de travaux scolaires. J’avais alors choisi l’outil Evernote pour publier ces corrections.
Il m’apparait désormais bien plus efficace, au regard de l’organisation de mon travail, de saisir les corrections sur la plateforme Spiral que j’utilise déjà avec mes élèves. En voici les avantages :
1. Le professeur peut créer un espace privé pour chaque élève (sous la forme d’un forum de discussion) et y placer ses commentaires pour chaque travail papier ou numérique.
2. L’élève peut, au besoin, répondre aux remarques du professeur sur le même forum, permettant ainsi une véritable "conversation" formative.
3. Le professeur peut suivre très précisément l’activité de chaque élève (savoir notamment s’il a consulté ou non son espace privé, etc.).
4. Le professeur et l’élève peuvent être notifiés par mail de toute nouvelle intervention sur cet espace.
5. Le professeur peut enregistrer et intégrer des commentaires vidéos (la plateforme Spiral a des fonctions d’enregistrement et de publication de vidéos).
6. L’outil permet l’archivage des commentaires, donc facilite le suivi des progrès.
Voici le tutoriel que je propose à mes élèves :
illustration :
by Ken Whytock
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AJOUT DU 7.03.13 :
Une causerie avec Christophe Batier sur le sujet.
Ma fille, s’exerçant au piano, m’a fait écouter une mélodie de sa trouvaille. Joyeuse, elle m’a dit : "Papa, je l’ai inventée en faisant des fautes !".
Voici une phrase que l’on n’entend, hélas, guère prononcée par nos élèves…
Ce n’est pas d’abord leur responsabilité : notre système éducatif dévalorise assez systématiquement l’erreur, comme étant ce qu’il faut éviter à tout prix. Mais l’erreur a sa positivité quand elle permet d’apprendre, comme le savent les pédagogues.
Dès lors, comment donner sa place à l’erreur dans nos classes ? Comment faire accepter l’erreur comme la marque d’une pensée à la recherche d’elle-même ?
Voici un petit exercice qui, je crois, permet de donner toute sa place à l’erreur : le remue-méninge créatif pour trouver des formules ou des "slogans" philosophiques : après avoir dûment analysé un extrait de Rousseau, j’ai demandé aux élèves de mettre à l’épreuve leur compréhension du texte en proposant, pour chacune de ses parties, des slogans de synthèse.
Ce remue-méninge collectif a vite montré que la manière la plus efficace pour trouver de bonnes formules était de faire feu de tout bois. Souvent en effet, c’est une proposition d’abord insuffisante (une "erreur") qui ouvre la voie vers une bonne formule. Dans une telle activité, il est efficace et libérateur d’encourager les erreurs, — qui sont autant de points d’appuis pour élaborer des réponses pertinentes.
Voici les propositions élaborées durant cette séance.

source CC Etwood sur Flickr.com
Mon souci d’optimiser les corrections des travaux d’élèves est constant, pour les rendre à la fois plus rapides pour l’enseignant et plus complètes et utiles pour les élèves.
Pour cela, il me paraît efficace d’utiliser des outils numériques, — tout en laissant les élèves rendre leur travaux sur des copies papiers traditionnelles.
J’ai déjà exposé la correction par annotations vocales ; j’explore à présent l’utilisation d’un logiciel d’écriture par reconnaissance vocale (Dragon Dictate). La procédure consiste toujours à partager avec chaque élève un document en ligne sur lequel se placent les corrections des divers travaux (il serait possible d’imprimer ces documents, mais ce serait pour moi un travail supplémentaire assez lourd au regard du nombre d’élèves).
J’utilise pour cela Evernote, qui permet la publication dans un même document de textes, de liens, d’images et de fichiers joints (word ou pdf). Il est alors possible, pour chaque travail d’élève, de saisir des annotations et de placer éventuellement des compléments d’information. En marge de la copie de chaque élève, il suffit de placer des numéros correspond aux commentaires et compléments placés sur le document en ligne.
Pour saisir les commentaires, il est possible d’utiliser le clavier, mais aussi une application de reconnaissance vocale. Pour l’heure, cette solution fonctionne surtout en utilisant un ordinateur (plutôt qu’une tablette ou un ordiphone). La reconnaissance vocale offerte par l’application Dragon Dictate est très fiable et l’écriture se montre souvent plus rapide par la dictée que par la frappe au clavier. Elle permet de ne pas devoir manipuler le clavier, et de garder copies et stylo en main.
Voici un exemple montrant l’efficacité des applications Evernote et Dragon Dictate en situation de correction numérique :
Addition de janvier 2013 : l’usage de la plateforme Spiral (voir le billet)
Sur le modèle des questionnaires de personnalité ou de caractère publiés dans la presse grand public, je propose parfois à mes étudiants de concevoir des questionnaires de position philosophique.En voici la méthode générale :
> Exemple de questionnaire réalisé par une élève.
by db Photography | Demi-BrookeSavoir être fidèle aux idées d’un texte, savoir en repérer le vocabulaire clé et en dégager les articulations, savoir en formuler la thèse de manière concise… voici des compétences de base pour tout exercice de lecture.
Je propose donc à mes élèves de synthétiser certaines pages ou paragraphes de leur manuel de philosophie (nous travaillons aussi sur des textes d’auteurs). Le point essentiel est que j’ajoute une contrainte formelle exigeante : utiliser entre 100 et 140 caractères (espaces inclus) pour chaque phrase de synthèse.
Cette contrainte formelle se révèle très stimulante, obligeant les élèves à un travail d’orfèvre pour ciseler les meilleures formulations et trouver les meilleurs mots (je leur conseille d’utiliser un traitement de texte pour le comptage des signes).
Vous reconnaissez sans doute ici la contrainte du nombre de caractères imposée par le réseau social Twitter. Mon idée est en effet de pouvoir y publier les meilleures synthèses.
Après validation des phrases, il est possible des les publier sur Twitter, via le compte du professeur ou via les comptes personnels des élèves.
Après publication des phrases, il est possible d’agréger dans un même document les "tweets" de différents élèves et de différentes classes ayant travaillé sur le même sujet, grâce à l’outil de publication Storify, — dont voici un exemple.
La correction des copies est l’occasion de fournir aux élèves quantités d’informations leur permettant d’améliorer leurs performances. Mais bien souvent nous n’avons ni l’espace d’écriture ni le temps d’annoter convenablement les travaux écrits de nos élèves.
C’est pourquoi l’on voudrait pouvoir s’entretenir de vive voix avec chaque élève concerné, au sujet de son travail. Mais cet entretien personnalisé est délicat à mener en classe, car il oblige à délaisser le groupe au profit d’un seul élève. De plus, les éléments à commenter ne sont plus dans la mémoire immédiate de l’enseignant…
Il m’est donc paru intéressant d’annoter vocalement les copies des élèves, lorsque les éléments méritent un commentaire approfondi. Cette démarche permet une correction plus personnalisée des copies. Les élèves peuvent m’écouter leur donner des encouragements, des clarifications, des conseils et des compléments.
Voulant faciliter et optimiser le travail de correction, j’ai cherché une solution techniquement simple. A ce jour, la meilleur solution technopédagogique m’est offerte par Evernote, ainsi que je l’explique brièvement dans cette petite vidéo.
• Sur le même sujet : liens sur la correction numérique des copies.
Ajout du 18.11.12 : écrire des commentaires via une application de reconnaissance vocale
Il est possible de placer sur le document partagé avec l’élève (document Evernote) des remarques complémentaires (texte, liens, images, fichiers joints). L’avantage est que le document n’impose pas de limite d’espace, — contrairement aux marges des copies.
Les remarques textuelles peuvent être saisies au clavier, ou même via une application de reconnaissance vocale, comme le montre ce tutoriel, trouvé ici. Pour l’heure, cette solution fonctionnera surtout en utilisant un ordinateur plutôt qu’une tablette ou un ordiphone.
Pour la seconde fois, j’ai organisé un entretien téléphonique avec le philosophe Yvon Quiniou (effectué le 24.04.12). La méthode de travail a été la suivante :
Enregistrements (24.04.12)
Question 1 : que vaut la morale si elle résulte de la nature ? Comment savoir alors si la morale est vraiment juste ?
Question 2 : pourquoi le spiritualisme chrétien est-il en contradiction avec le matérialisme scientifique ? Y aurait t-il un accord possible entre eux ?
Question 3 : la science annule-t-elle ou maintient-elle la religion ?
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Je compte à présent mener un travail d’édition et de commentaires des fichiers audio, en utilisant notamment le service d’annotation de soundcloud.com.
Affaire à suivre…