Des codes QR pour lier des publications numériques d’élèves aux livres de la bibliothèque

Il est essentiel — mais souvent difficile — d’impliquer les élèves dans leurs apprentissages scolaires. Pour favoriser la motivation intrinsèque, une solution possible est la publication finale de certains travaux. D’une part, en effet, cette publication promet de dépasser le cadre strictement scolaire : elle donne aux travaux une existence publique, durable et ouverte à des possibles interactions. Elle renouvelle ainsi le sens et l’enjeu des activités scolaires. D’autre part, la publication des travaux promet de construire une mémoire et une certaine culture d’établissement.

Pour publier les travaux, un site est certainement une bonne solution. Mais il faut encore promouvoir ces œuvres scolaires, en faciliter et en pérenniser l’accès. Comment faire cela ?

Si les travaux sont liés à des livres de la bibliothèque de l’établissement, une solution consiste à placer dans ces livres des liens vers ces travaux. Pour simplifier la consultation de ces liens, il est alors possible d’utiliser la technologie des codes QR.

Tel est le projet pilote que j’ai réalisé dans la bibliothèque de mon établissement, avec l’aide de la bibliothécaire Mme Laurence Vossen.

Voici le dispositif concret.

  • Des codes QR contenant des hyperliens vers les réalisations des élèves sont édités et collés dans chacun des ouvrages correspondants à ces travaux.
  • Pour chaque livre, la présence d’un code QR est signalée par une étiquette standardisée apposée sur sa tranche.
  • Les codes QR sont décodables par des smartphones, des tablettes, des ordinateurs portables ou des postes fixes équipés de webcams, et renvoient directement aux ressources.

N.B. : pour optimiser et pérenniser le dispositif, chaque hyperlien renverra vers l’affichage de tous les travaux liés à un mot-clé (par exemple "Voltaire" ou "politique") sur le site de publication centralisée, garantissant ainsi l’accès aux futures publications.

Le résultat est donc l’inscription par hyperliens de ressources numériques dans les ressources matérielles (ouvrages et/ou endroits de la bibliothèque), ces ressources numériques étant produites par et pour de successives promotions d’élèves.

Si vous avez expérimenté un dispositif similaire, je serai heureux d’échanger avec vous !

Corrections numériques, formatives et “conversationnelles" des travaux d’élèves

Profitant d’une rencontre au CNAM à Paris, Christophe Batier m’a invité à l’une de ses fameuses causeries technopédagogiques.
Une belle occasion de présenter l’usage de la plateforme Spiral connect pour la correction numérique et augmentée de copies. Il est question d’évaluation formative et  dé ma recherche de développer de véritables conversations autour des travaux des élèves, pratiques déjà abordées dans ce blogue.

La collaboration numérique dans le cours de philo

Une petite présentation de l’esprit des activités de prises de notes collaboratives dans le cours de philosophie, via des outils d’écriture numérique.
Autres billets sur ce thème : http://profjourde.wordpress.com/category/collaboration/

Vers une correction formative et "conversationnelle" des travaux scolaires

J’ai présenté dans un billet précédent mes expérimentations de corrections numériques de travaux scolaires. J’avais alors choisi l’outil Evernote pour publier ces corrections.

Il m’apparait désormais bien plus efficace, au regard de l’organisation de mon travail, de saisir les corrections sur la plateforme Spiral que j’utilise déjà avec mes élèves. En voici les avantages :

1. Le professeur peut créer un espace privé pour chaque élève (sous la forme d’un forum de discussion) et y placer ses commentaires pour chaque travail papier ou numérique.
2. L’élève peut, au besoin, répondre aux remarques du professeur sur le même forum, permettant ainsi une véritable "conversation" formative.
3. Le professeur peut suivre très précisément l’activité de chaque élève (savoir notamment s’il a consulté ou non son espace privé, etc.).
4. Le professeur et l’élève peuvent être notifiés par mail de toute nouvelle intervention sur cet espace.
5. Le professeur peut enregistrer et intégrer des commentaires vidéos (la plateforme Spiral a des fonctions d’enregistrement et de publication de vidéos).
6. L’outil permet l’archivage des commentaires, donc facilite le suivi des progrès.

Voici le tutoriel que je propose à mes élèves :

illustration :
Creative Commons Attribution-Noncommercial 2.0 Generic License  by  Ken Whytock

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AJOUT DU 7.03.13 :

Une causerie avec Christophe Batier sur le sujet.

 

La philo en slogans : vive l’erreur !

Ma fille, s’exerçant au piano, m’a fait écouter une mélodie de sa trouvaille. Joyeuse, elle m’a dit : "Papa, je l’ai inventée en faisant des fautes !".

Voici une phrase que l’on n’entend, hélas, guère prononcée par nos élèves…

Ce n’est pas d’abord leur responsabilité : notre système éducatif dévalorise assez systématiquement l’erreur, comme étant ce qu’il faut éviter à tout prix. Mais l’erreur a sa positivité quand elle permet d’apprendre, comme le savent les pédagogues.

Dès lors, comment donner sa place à l’erreur dans nos classes ? Comment faire accepter l’erreur comme la marque d’une pensée à la recherche d’elle-même ?

Voici un petit exercice qui, je crois, permet de donner toute sa place à l’erreur : le remue-méninge créatif pour trouver des formules ou des "slogans" philosophiques : après avoir dûment analysé un extrait de Rousseau, j’ai demandé aux élèves de mettre à l’épreuve leur compréhension du texte en proposant, pour chacune de ses parties, des slogans de synthèse.

Ce remue-méninge collectif a vite montré que la manière la plus efficace pour trouver de bonnes formules était de faire feu de tout bois. Souvent en effet, c’est une proposition d’abord insuffisante (une "erreur") qui ouvre la voie vers une bonne formule. Dans une telle activité, il est efficace et libérateur d’encourager les erreurs, — qui sont autant de points d’appuis pour élaborer des réponses pertinentes.

Voici les propositions élaborées durant cette séance.

Corrections de copies : du papier au numérique, via la reconnaissance vocale

source CC Etwood sur Flickr.com

Mon souci d’optimiser les corrections des travaux d’élèves est constant, pour les rendre à la fois plus rapides pour l’enseignant et plus complètes et utiles pour les élèves.

Pour cela, il me paraît efficace d’utiliser des outils numériques, — tout en laissant les élèves rendre leur travaux sur des copies papiers traditionnelles.

J’ai déjà exposé la correction par annotations vocales ; j’explore à présent l’utilisation d’un logiciel d’écriture par reconnaissance vocale (Dragon Dictate). La procédure consiste toujours à partager avec chaque élève un document en ligne sur lequel se placent les corrections des divers travaux (il serait possible d’imprimer ces documents, mais ce serait pour moi un travail supplémentaire assez lourd au regard du nombre d’élèves).

J’utilise pour cela Evernote, qui permet la publication dans un même document de textes, de liens, d’images et de fichiers joints (word ou pdf). Il est alors possible, pour chaque travail d’élève, de saisir des annotations et de placer éventuellement des compléments d’information. En marge de la copie de chaque élève, il suffit de placer des numéros correspond aux commentaires et compléments placés sur le document en ligne.

Pour saisir les commentaires, il est possible d’utiliser le clavier, mais aussi une application de reconnaissance vocale. Pour l’heure, cette solution fonctionne surtout en utilisant un ordinateur (plutôt qu’une tablette ou un ordiphone). La reconnaissance vocale offerte par l’application Dragon Dictate est très fiable et l’écriture se montre souvent plus rapide par la dictée que par la frappe au clavier. Elle permet de ne pas devoir manipuler le clavier, et de garder copies et stylo en main.

  • Un immense avantage est que le document numérique n’impose pas de limite d’espace, — contrairement aux ridicules marges des copies. Les annotations et les conseils peuvent être approfondis.
  • Un autre avantage est qu’il est très facile de copier-coller dans un document commun les éléments de corrections d’un élève utiles pour toute la classe. J’utilise pour cela un blog, dans lequel les billets correspondent aux corrections des différents travaux.

Voici un exemple montrant l’efficacité des applications Evernote et Dragon Dictate en situation de correction numérique :

 

Addition de janvier 2013 : l’usage de la plateforme Spiral (voir le billet)

 

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Questionnaires de "personnalités" philosophiques

[22.365] sphere-itize me, captain by db Photography | Demi-Brooke, on FlickrSur le modèle des questionnaires de personnalité ou de caractère publiés dans la presse grand public, je propose parfois à mes étudiants de concevoir des questionnaires de position philosophique.

En voici la méthode générale :

  1. Les élèves commencent par rédiger les bilans de positions doctrinales qu’ils veulent délivrer.
    (Exemple : “Vous êtes rationaliste :  pour vous, la raison est une faculté capable de connaître la vérité avec certitude et la réalité est rationnelle”, etc.),
  2. Les élèves rédigent ensuite les jeux de questions qui mèneront à ces bilans.
  3. L’enseignant valide les textes.
  4. Les questions et les bilans peuvent être alors publiés en ligne. Un outil comme Spiral permet de confier ce travail aux élèves.

> Exemple de questionnaire réalisé par une élève.

image Creative Commons Attribution 2.0 Generic License  by  db Photography | Demi-Brooke

Twittons le manuel de philo !

Savoir être fidèle aux idées d’un texte, savoir en repérer le vocabulaire clé et en dégager les articulations, savoir en formuler la thèse de manière concise… voici des compétences de base pour tout exercice de lecture.

Je propose donc à mes élèves de synthétiser certaines pages ou paragraphes de leur manuel de philosophie (nous travaillons aussi sur des textes d’auteurs). Le point essentiel est que  j’ajoute une contrainte formelle exigeante : utiliser entre 100 et 140 caractères (espaces inclus) pour chaque phrase de synthèse.
Cette contrainte formelle se révèle très stimulante, obligeant les élèves à un travail d’orfèvre pour ciseler les meilleures formulations et trouver les meilleurs mots (je leur conseille d’utiliser un traitement de texte pour le comptage des signes).

Vous reconnaissez sans doute ici la contrainte du nombre de caractères imposée par le réseau social Twitter. Mon idée est en effet de pouvoir y publier les meilleures synthèses.

Après validation des phrases, il est possible des les publier sur Twitter, via le compte du professeur ou via les comptes personnels des élèves.

Après publication des phrases, il est possible d’agréger dans un même document les "tweets" de différents élèves et de différentes classes ayant travaillé sur le même sujet, grâce à l’outil de publication Storify, — dont voici un exemple.

Inviter les élèves à “taguer" le cours

Je suggère souvent aux élèves d’indexer leurs documents tout au long de l’année (élaborer une liste de mots-clés renvoyant aux numéros des pages manuscrites et des photocopies ; les élèves prenant des notes numériques via un blog peuvent associer des "tags/étiquettes/libellés" à leurs billets). Cette pratique présente plusieurs avantages (la liste suivante restant ouverte).

  • L’indexation permet de rassembler et de rapprocher des éléments apparemment éloignés du cours : les notions de philosophie s’entremêlant intimement (traiter de la liberté, par exemple, c’est aussi traiter de la morale, du droit, de la politique, du sujet et de la conscience…),  une même notion et un même auteur peuvent être examinés à plusieurs endroits du programme. L’indexation permet de mieux circuler dans les axes du cours, et aussi d’en mémoriser les éléments clés.
  • L’indexation, comme recherche de mots-clés, favorise la généralisation et à la catégorisation, c’est-à-dire la pensée conceptuelle.
  • L’indexation, comme recherche de  métadonnées, favorise la réflexion sur le cours (se mettre en position "méta"), c’est-à-dire une meilleure compréhension.

Il m’est d’ailleurs apparu très efficace d’exercer les élèves à cette indexation durant le cours-même : après ou durant une séquence, je réfléchis avec la classe aux mots-clés correspondants à notre propos. Cela permet de (re)cadrer  l’exposé, et la recherche des termes peut donner lieu à de petits jeux.

Activités en projet dès septembre 2012

Dès la rentrée de septembre 2012, je projette l’essai de nouvelles pratiques.

  • Dans les cahiers de textes numérique (livres de bord du cours), une nouvelle colonne "mots-clés" permettra d’ajouter systématiquement les mots-clés liés à chaque séance. Ces termes pourront être identifiés avec les élèves, ou par moi-même seulement.
  • D’une séance à l’autre, je pourrai demander aux élèves de proposer la liste de mots-clés du cours précédant. Ces termes pourront être récoltés via un formulaire en ligne.
  • Les mots-clés récoltés et archivés pourront facilement être visualisés sous forme de nuages. Ces visualisations renseigneront sur le contenu d’une période de cours. Plusieurs corpus de mots-clés pourront donner lieu à comparer plusieurs visualisations. Les visualisations pourront donner lieu à une nouvelle réflexion sur le contenu du cours. Elles pourront aussi aider à orienter les révisions des élèves…

Affaire à suivre… et à discuter si vous le souhaitez sous ce billet.

Correction de copies : les annotations vocales

La correction des copies est l’occasion de fournir aux élèves quantités d’informations leur permettant d’améliorer leurs performances. Mais bien souvent nous n’avons ni l’espace d’écriture ni le temps d’annoter convenablement les travaux écrits de nos élèves.

  • La marge des copies offre une maigre zone d’écriture (même si, comme je le fais, on demande aux élèves de ménager une marge de six centimètres de largeur).
  • Le nombre et la fréquence des copies à corriger impose une certaine concision dans les annotations (au risque de s’épuiser à la tâche).
  • La grande complexité (tant sur le style que sur le fond) de certaines faiblesses ou erreurs ne peut faire l’objet d’un traitement abrégé.

C’est pourquoi l’on voudrait pouvoir s’entretenir de vive voix avec chaque élève concerné, au sujet de son travail. Mais cet entretien personnalisé est délicat à mener en classe, car il oblige à délaisser le groupe au profit d’un seul élève. De plus, les éléments à commenter ne sont plus dans la mémoire immédiate de l’enseignant…

Il m’est donc paru intéressant d’annoter vocalement les copies des élèves, lorsque les éléments méritent un commentaire approfondi. Cette démarche permet une correction plus personnalisée des copies. Les élèves peuvent m’écouter leur donner des encouragements, des clarifications, des conseils et des compléments.

Voulant faciliter et optimiser le travail de correction, j’ai cherché une solution techniquement simple. A ce jour, la meilleur solution technopédagogique m’est offerte par Evernote, ainsi que je l’explique brièvement dans cette petite vidéo.

• Sur le même sujet  : liens sur la correction numérique des copies.

Ajout du 18.11.12 : écrire des commentaires via une application de reconnaissance vocale

Il est possible de placer sur le document partagé avec l’élève (document Evernote) des remarques complémentaires (texte, liens, images, fichiers joints). L’avantage est que le document n’impose pas de limite d’espace, — contrairement aux marges des copies.

Les remarques textuelles peuvent être saisies au clavier, ou même via une application de reconnaissance vocale, comme le montre ce tutoriel, trouvé ici. Pour l’heure, cette solution fonctionnera surtout en utilisant un ordinateur plutôt qu’une tablette ou un ordiphone.

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