The union of the real and the virtual

[Originally published in French]

The opposition between the real and the virtual is not really relevant, either from the point of view of our perceptive culture of the virtual or from the point of view of the history of the concept of the virtual. In fact, the virtual is a soft modality of reality, which can allow us to better tame its hard and current modality. Then let us celebrate the union of the real and the virtual!

According to our current perceptive culture: the virtual is not opposed to the real.

Reality is what it is. It is the set of things (res) and present events. It’s the totality of everything that happens. As such, the reality is never perceived. Montaigne, better than all, reminds us:

“we have no communication with being (nous n’avons aucune communication à l’être)” — Montaigne, Essais, II, 12.

If reality remains for us an unreachable horizon, we nevertheless reach phenomenal realities, individual or collective representations of reality. These representations are influenced by our nature, by our personal history, by our social and cultural environment, and also by our techniques.

Indeed, our devices are « phenomenotechnical devices » (Stéphane Vial, L’être et l’écran, 2013), because they influence our relationship to the world and the way phenomena appear to us. Therefore, any great technological revolution is at the same time an ontophanic revolution, affecting the way beings (in Greek: ontos) appear (phaïnô).

“Virtuality is an integral part of the ontophany of the contemporary world conditioned by digital devices. (La virtualité fait partie intégrante de l’ontophanie du monde contemporain conditionnée par les appareils numériques.)» (Vial, 2013).

We are now used to simulation via interfaces. In fact, the so-called « digital natives » generation has been used since its birth to seeing the world through screens and manipulating computer-generated simulations of reality via digital interfaces. For this generation, these are real things that are seen on the screens.

As Sherry Turkle (Life on the Screen) put it back in 1995:

“We have learned to take things at interface value.” (Turkle, 1995)

We have entered a culture of simulation, in which we increasingly substitute representations of reality for reality itself.

In fact, our relationship to virtual (computer simulated) objects is not affected by a feeling of unreality. The culture of simulation thus leads us to take what we see on screen for cash (« at interface value« ). In the culture of simulation, what works for us has all the reality we need.

According to the history of the concept: the virtual is not opposed to the real.

The concept of virtual goes back to Aristotle’s philosophy. Aristotle needed to forge this concept to find a solution to the antinomy of being asked by Parmenides: « Being is and Non-Being is not ».

To get out of this radical opposition, Aristotle proposes to define being in two ways: being in act (Greek: energeai ; Latin: in actu) and being in power (Greek: dunamis ; Latin: in potentia). The potential being exists as a promise, without manifest actualisation.

Thus, the marble block contains virtually the statue that will be actualized by the sculptor. Similarly, the tree exists virtually in the seed. Each time, the virtual exists, but without yet being there: potential existence is a real existence, the virtual is a real way of being. Scholasticism (medieval philosophy inspired by Aristotle) thus contrasts virtualis (from the Latin virtus: strength, power), not with « real », but with « actual ». Aristotle and all Western philosophy thus do not oppose the virtual to the real, but to the act.

However, panicked by digital simulation devices, many thinkers have affected the virtual by a coefficient of unreality. The virtual has often been opposed to the real and brought closer to the fictional, the imaginary, the dangerous simulacrum, the artificial, the illusory false, the inauthentic.

On the contrary, let us celebrate the union of the real and the virtual. The virtual is a soft modality of reality, which can allow us to better tame its hard and current modality.

On the same subject, see also the interview of François Jourde conducted during C2E 2017, an event organized by the Laboratoire Techné de l’université de Poitiers:

Les noces du réel et du virtuel

L’opposition du réel et du virtuel n’est pas franchement pertinente, tant du point de vue de notre culture perceptive du virtuel que du point de vue de l’histoire du concept de virtuel. En fait, le virtuel est une modalité douce du réel, qui peut nous permettre de mieux apprivoiser sa modalité dure et actuelle. Célébrons alors les noces du réel et du virtuel !

Article initialement publié sur Ludomag.com.

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L’enseignement de la philosophie doit certainement penser la culture numérique, mais il peut aussi s’en saisir et l’intégrer dans sa démarche. Face aux forces des industries de captation de l’attention, il est de la responsabilité de l’école de “coloniser académiquement” les outils numériques et d’éduquer les élèves à des usages numériques créatifs et réflexifs.
Corrélativement, cette intégration au cours de philosophie des outils et de la culture numérique permet de développer une pédagogie active. Elle permet de varier les activités de classe, souvent de manière ludique, en les ouvrant sur le monde extérieur. On développe ainsi quatre compétences importantes pour notre monde contemporain, connues comme les quatre C : Critical thinking ou pensée critique, Collaboration, Communication et Créativité.
> Pour une vue plus large, merci à Jean-Michel Le Baut qui dépeint si bien la nature de mon projet : La philosophie enrichie.
> Et merci aux amis de e-teachers pour cet espace de parole.

Corrections numériques, formatives et “conversationnelles » des travaux d’élèves

Profitant d’une rencontre au CNAM à Paris, Christophe Batier m’a invité à l’une de ses fameuses causeries technopédagogiques.
Une belle occasion de présenter l’usage de la plateforme Spiral connect pour la correction numérique et augmentée de copies. Il est question d’évaluation formative et  dé ma recherche de développer de véritables conversations autour des travaux des élèves, pratiques déjà abordées dans ce blogue.

Un entretien téléphonique avec le philosophe Yvon Quiniou

Pour la seconde fois, j’ai organisé un entretien téléphonique avec le philosophe Yvon Quiniou (effectué le 24.04.12). La méthode de travail a été la suivante :

  1. Lecture commentée en classe d’une conférence de Yvon Quiniou, dans le cadre d’un cours sur la relation entre science et religion.
  2. Élaboration avec les élèves des questions au philosophie (en salle multipostes, via un document partagé Google Doc permettant la collaboration). Le document de questions est visible ici.
  3. Séance d’entretien téléphonique avec y. Quiniou et enregistrement de l’entretien.
  4. Montage et plublication de l’entretien (travail du professeur).

Enregistrements (24.04.12)

Question 1 : que vaut la morale si elle résulte de la nature ? Comment savoir alors si la morale est vraiment juste ?

Question 2 : pourquoi le spiritualisme chrétien est-il en contradiction avec le matérialisme scientifique ? Y aurait t-il un accord possible entre eux ?

Question 3 : la science annule-t-elle ou maintient-elle la religion ?

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Je compte à présent mener un travail d’édition et de commentaires des fichiers audio, en utilisant notamment le service d’annotation de soundcloud.com.

Affaire à suivre…

Les philosophes en bandes-annonces

J’explore progressivement des « méthodes  alternatives » dans le cadre de mon cours de philosophie, qui consistent souvent en des détournements et des transpositions.
Mon idée est de travailler des contenus et des compétences scolaires de manières indirectes, — mais qui peuvent avoir plus de sens et d’implication pour les élèves. Ces activités peuvent aussi facilement donner lieu à des publications via les médias sociaux. Cela peut prendre la forme de clips, de slogans publicitaires ou de nombreuses autres productions (qui restent à imaginer).

En voici un exemple.

Après avoir abordé la philosophie de Descartes, j’ai demandé à des élèves d’une classe de première année de philosophie (niveau première) de réaliser des bandes-annonces sur ce penseur, et plus précisément sur ses Méditations métaphysiques. Il s’agissait de donner envie de lire l’ouvrage de Descartes.

Les consignes étaient de rédiger d’abord une « narration », une mise en récit des grandes idées de Descartes, puis d’en proposer des illustrations et une mise en diapositive. Enfin, les diaporamas ont été exportés sur l’éditeur de youtube afin d’y associer une bande-son.

Ce travail a été réalisé par groupes de deux ou trois élèves, en partie en salle multipostes et en partie via des outils de collaboration (Google Docs).

Quelques exemples.

Bande-annonce princeps, réalisée par le professeur :

Machiavel en deux cartes

Je retrouve dans mes archives deux cartes accompagnant un cours sur Le Prince de Machiavel, — cartes produites il y a assez longtemps. Il y avait quelques bonnes idées, tout de même, non ?

La situation historique de Machiavel

La situation théorique de Machiavel

Cartes produites avec le logiciel Inspiration 7, sur Mac OS.