Formulaires de suivi autonome et formatif des devoirs

qSuivre les travaux de nos élèves est une tâche importante. Cette tâche peut cependant devenir fastidieuse en évaluation formative, lorsque l’enseignant accorde une marge de manœuvre aux élèves pour le choix, le rythme et le délai de remise des travaux : qui a rendu ? qui n’a pas rendu ? qui a commencé et non finalisé ? qui a repris son travail pour l’améliorer ?… Pourquoi ne pas alors responsabiliser davantage les élèves en leur confiant une bonne partie de cette tâche de suivi ? Et comment le faire numériquement ?

Je propose un dispositif basé sur des formulaires de suivis dynamiques (l’enseignant peut ajouter progressivement des entrées correspondant aux nouveaux exercices), individualisés et modifiables (chaque élève peut modifier l’état d’avancement de ses propres travaux).

L’outil proposé est Google Forms, accessible avec un compte Google (non nécessaire pour les élèves). Cet outil permet aussi de générer des statistiques au format graphique à partir des réponses qui remplissent automatiquement un tableur en ligne.capture-decran-2016-10-09-a-20-56-26

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Exploration des potentialités d’un blogue d’élèves

Puisque les blogues sont efficaces…

Comme on le sait, l’utilisation de blogues en contexte scolaire a des effets très positifs. Des pionniers ont en suffisamment témoigné (comme Mario Asselin), et la recherche l’a bien établi, comme le résume cette capsule :

• les conditions affectives : les blogues sont appréciés et motivent les élèves
• les différents contextes d’utilisation : leur utilisation est rapide et flexible, en plus de fournir une ouverture intéressante sur le monde ;
• le déroulement de l’apprentissage : les élèves ont tendance à s’impliquer davantage dans leur écriture lorsque celle-ci s’effectue sur un blogue ;
• les performances : les élèves écrivent davantage (mais la qualité des écrits demeure un enjeu).

… je me lance avec les élèves et voici le Philo Blog

Ce n’est qu’en fin d’année scolaire 2015-2016 (mai et juin) que je me suis enfin lancé avec mes élèves de première (avant-dernière année du secondaire, cours de philosophie). Voici l’adresse : www.philosite.eu.

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Bien doser le numérique : de la fatigue à l’enthousiasme

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Depuis plusieurs années, je recueille avec grand intérêt l’opinion de mes élèves au sujet de mes cours (j’utilise pour cela un questionnaire en ligne). Une critique revient assez fréquemment : dans mes cours, trop de temps est perdu avec l’utilisation du numérique (même si d’autres élèves expriment au contraire leur enthousiasme à l’égard de l’intégration des outils numériques). Sans avoir affiné l’enquête pour identifier avec certitude les raisons de cette critique, ni quel profil d’élève tend à la formuler, je peux avancer quelques idées.

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Corriger numériquement (et efficacement) des copies papier

Si vos élèves ou vos étudiants vous remettent systématiquement leurs travaux sous forme numérique, vous êtes déjà engagés dans l’augmentation de votre travail de correction. Au cas contraire (c’est largement le mien), vous pouvez faire un détour par la numérisation des copies papier (au format pdf) pour bénéficier de l’efficacité et de la richesse d’une correction numérique. Plusieurs applications permettent en effet de saisir des remarques sur des documents pdf, mais aussi d’y placer ou d’y « tamponner » à la volée des remarques-types bien pratiques.

Certes, tous les travaux ne justifient pas ce dispositif. Mais pour les travaux qui requièrent des commentaires fournis, cela se révèle très utile, tant pour l’enseignant que pour l’apprenant.papier-numérique

N.B. : pour une approche complémentaire (en environnement « tout numérique ») voir le billet de Yann Houry : « Corriger des copies numériques ». Lire la suite

« Un groupe, un ordinateur »

J’ai présenté dans un billet précédent le dispositif de travail en « îlots bonifiés ».  Je découvre à présent avec plaisir que cette organisation me permet aussi d’utiliser plus facilement les appareils nomades à disposition des élèves. Travailler en groupes permet de mieux mobiliser les outils nomades disponibles.

Quel usage du numérique avec un équipement inégal ?

En effet, mon établissement n’ayant pas de programme du type « Un élève, un ordinateur », il est rare que chacun de mes élèves ait à sa disposition un appareil numérique (smartphone, tablette, ordinateur portable). Cette inégalité d’équipement m’empêche parfois de réaliser certaines tâches numériques.

« Un élève groupe, un ordinateur »

Or, dans une organisation en groupes il n’est pas besoin que chaque élève dispose d’un appareil connecté. Un seul  appareil suffira pour que chaque groupe saisisse et communique sa réponse. De même, un seul appareil suffira à chaque groupe pour faire une éventuelle recherche d’information ou une autre tâche numérique.

Socrative, efficace outil pédagogique

De fait, j’utilise volontiers l’application en ligne et mobile Socrative, qui me permet de poser des questions aux groupes (questions fermées et à choix multiples ou questions ouvertes), avec une console de suivi.

Pour chaque question, les élèves de chaque groupe décident ensemble de la bonne réponse à donner. L’élève en possession d’un terminal mobile connecté saisit alors la réponse au nom du groupe.

N.B. : Socrative est  à ce jour gratuit. Il existe d’autres outils, tels que KahootZaption… Voir la liste proposée par Edutopia : « 5 Fantastic, Fast, Formative Assessment Tools« .

 

https://www.flickr.com/photos/dannynic/6938448574/image cc flickr Danny Nicholson

Un tableur pour suivre les scores de travaux en « îlots bonifiés »

Tous ensemble ?

La pratique de l’enseignement mixte ou hybride (dans l’espace de la classe et dans l’espace numérique) fait réfléchir à la spécificité des activités ne pouvant avoir lieu que dans la salle de classe. La question est : que pouvons-nous faire à plusieurs dans une salle de classe et que nous ne pourrions pas faire ailleurs ?

Peut-on vraiment travailler en groupe ?

Une première réponse est bien entendu le face-à-face pédagogique entre un enseignant et un groupe. Une seconde réponse est la possibilité de travaux de groupes. Mais de tels travaux sont difficiles à mettre en œuvre. Un billet mordant de Mara Goyet (et ses nombreux commentaires) rappelle cette difficulté, pour l’enseignant comme pour les élèves. Marie Rivoire, enseignante, témoigne aussi de cette difficulté typique :

J’avais […] commencé ma carrière en mettant les élèves par îlots de quatre […]. Cependant, j’avais dû renoncer, car la gestion du groupe me posait plus de problèmes qu’elle n’en solutionnait. Certes, les élèves étaient ravis, mais comment contrôler les bavardages ? Comment être sûre que tous, à la table, participaient au travail commun ? Le meilleur élève n’allait-il pas être sollicité encore et encore pour prendre en charge les tâches données par le professeur ? N’allait-il pas finir par se lasser, et finalement, perdre de son enthousiasme au lieu d’en gagner ? Et comment alors évaluer les élèves à la table ? Toutes ces questions sans réponses avaient eu raison de mon bel idéalisme.

La question est bien : « Où est-ce qu’on nous apprend à travailler en groupe ? », comme le rappelle Marcel Lebrun.

Je propose ici un petit enrichissement numérique de la méthode de travail en « îlots bonifiés ».

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Un formulaire pour suivre les travaux non rendus

Suivre les travaux incomplets, en retard ou non remis par les élèves est une tâche importante pour l’accompagnement et l’évaluation formative.

N.B. : je ne préjuge pas ici de l’utilité des devoirs à la maison, — sujette à débats. La méta-analyse de John Hattie (2009) attribue aux devoirs à la maison le score d’efficacité de 0,29 (le seuil  d’effet désirable d’une variable ou d’une intervention éducative selon Hattie est 0,4). Au primaire, cependant, la mesure de l’effet des devoirs est de 0. 15, contre 0. 64 au secondaire (pour une discussion de cette différence, voir N. Baillargeon).

Afin de (me) faciliter ce suivi, je propose un formulaire papier à remplir conjointement par l’élève et l’enseignant (travaillant dans le secondaire supérieur je n’inclue pas ici les parents).

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> lien vers le document (pour le visualiser) ;

> lien vers le document (pour en faire une copie sur Google Docs).

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Transmettre des commentaires oraux avec Android, Google Drive & des QR codes

Communiquer oralement des commentaires sur les travaux académiques est pédagogiquement utile, pour l’enseignant (moins d’écriture) comme pour l’apprenant (plus de contenu).

Pour communiquer à distance des commentaires oraux, il faut un dispositif numérique (pour enregistrer, archiver et partager les fichiers).
Ayant déjà présenté un dispositif sous iOS, je présente ici une version sous Android.

Ce dispositif utilise une application mobile (Parrot), un service d’archivage des enregistrements (Google Drive) et un service de classement et de publipostage (Google Sheets et des modules complémetaires).

Pour la communication des enregistrements, je propose aussi une méthode alternative utilisant des codes QR (QR Code Generator).

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Enregistrer et communiquer des commentaires oraux

Diffuser aux élèves des commentaires oraux personnalisés sur leurs travaux peut être très utile. Mais comment faire ? Voici une proposition de dispositif combinant :

  • une application mobile d’enregistrement (Chirbit)
  • un service de publipostage (via Google Drive).

Ce dispositif me semble efficace et apprécié par les élèves.

N.B. : je présente d’abord quelques éléments de cadrage pédagogique sur l’évaluation, puis je détaille une procédure possible.

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A la rencontre de Petite Poucette, par-delà les frontières

À l’invitation l’édition 2015 du REFER (Rendez-vous des écoles francophones en réseau) et plus spécialement de Monique Lachance (@lacmonique) et de Nathalie Couzon (@nathcouz), la réflexion a été engagée sur le thème “Le numérique à l’école : entre humanisme et utilitarisme”.

Des élèves de mes cours de philosophie (niveau première) se sont lancés dans des projets collaboratifs avec des camarades de France et du Québec (voir “Rendez-vous transatlantique avec Michel Serres et le Refer”, par Jean-Michel Le Baut, — qui alui-même participé activement avec ses élèves). Plusieurs projets ont été menés.

1) Un travail d’écriture multimédia autour de Petite Poucette, le récent essai de Michel Serres consacré aux mutations de notre monde. Les productions des élèves (textes, vidéos, cartographie, animations…) sont venues enrichir l’ouvrage du philosophe, au moyen d’une publication en réalité augmentée (visualisable via les smartphones, application Aurasma).

2) Des débats ont été organisés entre quelques élèves de l’Ecole européenne Bruxelles I et de  l’École secondaire Cardinal-Roy (Québec), en collaboration avec l’excellente Annie Turbide (@aturbide).
Quatre affirmations ont été mises en débat : “Avec Internet, plus besoin d’aller à l’école“, “Aujourd’hui, apprendre par cœur est inutile”, “Avec les réseaux sociaux, on n’est plus jamais seul”, “Internet rend l’humanité plus tolérante”.

En équipes de deux — hors des heures de cours —, les élèves ont préparé leurs argumentaires (en communiquant par Skype et Facebook et en élaborant des cartes d’idées collaboratives). Les débats ont eu lieu en visioconférences — pour les miens, durant les vacances de février ! Ils ont donné lieu à des rencontres et à des échanges très stimulants.

3) Deux discussions ont été enfin organisées entre des équipes mixtes belgo-québécoises et le philosophie Michel Serres lui-même, très merveilleusement disponible. Après avoir préparé collaborativement leurs argumentaires, les équipes mixtes d’élèves ont échangé en visioconférence avec Michel Serres (présent depuis la France). L’évènement a été transmis le 18 mars en webdiffusion, dans le cadre du colloque du REFER (Montréal).

Je remercie mes collègues canadiens et français pour leur joyeuse énergie, et surtout les élèves qui se sont lancés avec enthousiasme dans cette aventure, conjuguant leur intelligence et leur créativité pour inventer l’école d’aujourd’hui, pour explorer ou inventer de nouveaux territoires pédagogiques.

“Espace de circulation, oralité diffuse, mouvements libres, fin des classes classifiées, distributions disparates, sérendipité de l’invention, vitesse de la lumière, nouveauté des sujets aussi bien que des objets, recherche d’une autre raison… : la diffusion du savoir ne peut plus avoir lieu dans aucun des campus du monde, eux-mêmes ordonnés, formatés page à page, rationnels à l’ancienne, imitant les camps de l’armée romaine. Voilà l’espace de pensée où habite, corps et âme, depuis ce matin, la jeunesse de Petite Poucette.”
Michel Serres