La philo en slogans : vive l’erreur !

Ma fille, s’exerçant au piano, m’a fait écouter une mélodie de sa trouvaille. Joyeuse, elle m’a dit : « Papa, je l’ai inventée en faisant des fautes ! ».

Voici une phrase que l’on n’entend, hélas, guère prononcée par nos élèves…

Ce n’est pas d’abord leur responsabilité : notre système éducatif dévalorise assez systématiquement l’erreur, comme étant ce qu’il faut éviter à tout prix. Mais l’erreur a sa positivité quand elle permet d’apprendre, comme le savent les pédagogues.

Dès lors, comment donner sa place à l’erreur dans nos classes ? Comment faire accepter l’erreur comme la marque d’une pensée à la recherche d’elle-même ?

Voici un petit exercice qui, je crois, permet de donner toute sa place à l’erreur : le remue-méninge créatif pour trouver des formules ou des « slogans » philosophiques : après avoir dûment analysé un extrait de Rousseau, j’ai demandé aux élèves de mettre à l’épreuve leur compréhension du texte en proposant, pour chacune de ses parties, des slogans de synthèse.

Ce remue-méninge collectif a vite montré que la manière la plus efficace pour trouver de bonnes formules était de faire feu de tout bois. Souvent en effet, c’est une proposition d’abord insuffisante (une « erreur ») qui ouvre la voie vers une bonne formule. Dans une telle activité, il est efficace et libérateur d’encourager les erreurs, — qui sont autant de points d’appuis pour élaborer des réponses pertinentes.

Voici les propositions élaborées durant cette séance.

11 réflexions sur “La philo en slogans : vive l’erreur !

  1. Je suis tout à fait d’accord. Mais à condition que comme vous l’avez dit, elle permette d’apprendre. D’ailleur, l’erreur est humaine! Néanmoins, elle ne doit pas être une habitude!

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  2. En effet, la note est souvent la représentation du nombre d’erreurs faites par l’apprenant.

    Une situation plus juste serai de représenter l’attitude de l’élève face à une erreur🙂

    Ainsi on ne jugerai pas du « niveau » de l’apprenant à un instant t et dans un contexte c, mais plutôt de sa faculté à identifier les potentielles erreurs et à adapter sa démarche intellectuelle en fonction.

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  3. Expérience sublime ! L’erreur est souvent mal évaluée à l’école. Et la sérendipité est source de découvertes ! Bravo pour votre exercice qui est génial ! J’aurais aimé avoir un professeur comme vous en étant plus jeune🙂. Au delà de l’expérience sur un texte, cette technique peut aussi être utilisée avec tout objet de communication. Votre cours par exemple, cela permet d’avoir le feedback de ce qu’on a exprimé, puisque c’est reformulé par d’autres.
    Merci pour cette technique, que je pourrai utiliser dans ma vie professionnelle, même si elle est loin de l’école !
    Cordialement

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  4. Serait il possible de reprendre quelques éléments de votre billet, sur mon blog, afin d’illustrer ce mode intéressant de pédagogie. Je ferais référence à votre billet, évidemment. Mon blog est celui ci : zeboute.wordpress.com . Merci d’avance.

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  5. Pingback: Pouvoir se tromper : le bug salvateur | Zeboute' Blog

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