5 réflexions sur “Formes du désir : espérance, volonté et amour

  1. Sur le rapport espérance/crainte, il faut lire Spinoza, Ethique, III (trad. Appuhn)

    http://hyperspinoza.caute.lautre.net/spip.php?article1718

    http://hyperspinoza.caute.lautre.net

    PROPOSITION L

    Une chose quelconque peut par accident être cause d’Espoir ou de Crainte.

    DÉMONSTRATION

    Cette Proposition se démontre par la même voie que la Proposition 15 ; la voir en même temps que le Scolie 2 de la Proposition 18.

    SCOLIE

    Les choses qui sont par accident des causes d’Espoir ou de Crainte sont appelées bons ou mauvais présages. J’ajoute que ces présages, en tant qu’ils sont une cause d’Espoir ou de Crainte, sont (Déf. de l’Espoir et de la Crainte, voir Scolie de la Prop. 18) une cause de Joie ou de Tristesse, et conséquemment (Coroll. de la Prop. 15), nous les aimons ou les avons en Haine comme tels et (Prop. 28) nous cherchons à les employer comme des moyens de parvenir à ce que nous espérons ou à les écarter comme des obstacles ou des causes de Crainte. En outre, il suit de la Proposition 25 que nous sommes disposés de nature à croire facilement ce que nous espérons, difficilement ce dont nous avons peur, et à en faire respectivement trop ou trop peu de cas. De là sont nées les superstitions par lesquelles les hommes sont partout dominés. Je ne pense pas d’ailleurs qu’il vaille la peine de montrer ici les fluctuations qui naissent de l’Espoir et de la Crainte, puisqu’il suit de la seule définition de ces affections qu’il n’y a pas d’Espoir sans Crainte ni de Crainte sans Espoir (comme nous l’expliquerons plus amplement en son lieu), et puisque, en outre, en tant que nous espérons ou craignons quelque chose, nous l’aimons ou l’avons en haine ; et ainsi tout ce que nous avons dit de l’Amour et de la Haine, chacun pourra aisément l’appliquer à l’Espoir et à la Crainte

    XII

    L’Espoir est une Joie inconstante née de l’idée d’une chose future ou passée de l’issue de laquelle nous doutons en quelque mesure.

    XIII

    La Crainte est une Tristesse inconstante née de l’idée d’une chose future ou passée de l’issue de laquelle nous doutons en quelque mesure (voir sur ces affections le Scolie 2 de la Prop. 18).

    EXPLICATION

    Il suit de ces définitions qu’il n’y a pas d’Espoir sans Crainte ni de Crainte sans Espoir. Qui est en suspens dans l’Espoir, en effet, et dans le doute au sujet de l’issue d’une chose, est supposé imaginer quelque chose qui exclut l’existence d’un événement futur ; en cela donc il est contristé (Prop. 19), et conséquemment, tandis qu’il est en suspens dans l’Espoir, il craint que l’événement ne soit pas. Qui, au contraire, est dans la Crainte, c’est-à-dire dans le doute au sujet de l’issue d’une chose qu’il hait, imagine aussi quelque chose qui exclut l’existence d’un événement ; et ainsi (Prop. 20) il est joyeux et, en cela, a donc l’Espoir que l’événement ne soit pas.

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